11 septembre 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Cajou en Côte d’Ivoire : un financement historique pour booster la transformation locale

Avec plus de 100 000 tonnes de noix brutes transformées chaque année, le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI) a marqué un tournant décisif grâce à une convention de financement signée en juin 2026. Ce partenariat inédit entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les industriels locaux vise à sécuriser l’approvisionnement des usines et à renforcer l’autonomie de la filière.

 

Un dispositif innovant pour soutenir les transformateurs nationaux

Dans un courrier adressé aux plus hautes autorités ivoiriennes en juillet 2026, le GTCI, dirigé par Denis Kouadio, a exprimé sa profonde reconnaissance envers les institutions qui ont permis la mise en place de ce mécanisme de financement. Cette convention tripartite répond directement aux défis majeurs rencontrés par les opérateurs : l’acquisition de noix brutes, l’optimisation des rendements de transformation et l’accès à des lignes de crédit adaptées aux besoins saisonniers.

Les transformateurs ivoiriens ont investi massivement leurs fonds propres pour construire et développer des unités industrielles, contribuant ainsi à l’industrialisation du secteur et à la création de valeur ajoutée sur le territoire national.

 

Un mécanisme structurant pour l’économie ivoirienne

Le dispositif repose sur deux piliers essentiels : le CCA garantit 20 % des besoins en noix brutes en début de campagne, tandis que la BNI finance les 80 % restants ainsi que les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et l’exportation. Cette collaboration permet aux usines de disposer des ressources nécessaires pour fonctionner toute l’année, sans rupture d’approvisionnement.

Le président du GTCI a également souligné l’engagement des responsables publics, dont le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur mobilisation a permis la concrétisation de ce projet ambitieux, destiné à soutenir durablement les acteurs locaux.

 

Une filière en pleine expansion avec des ambitions renforcées

Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, avec une production annuelle estimée à 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire compte désormais 37 unités de transformation, représentant une capacité installée de plus de 830 000 tonnes. Avec un taux de transformation locale de 43 %, le pays se classe deuxième exportateur d’amandes de cajou et troisième transformateur mondial.

Cette avancée s’inscrit dans une stratégie plus large visant à conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire, à renforcer le tissu industriel national et à générer des emplois durables. Les autorités étudient même la possibilité d’étendre ce modèle au secteur du cacao, afin d’offrir aux transformateurs locaux des solutions similaires pour dynamiser cette filière stratégique.

 

En sécurisant l’approvisionnement et en facilitant l’accès au financement, cette initiative marque une étape clé pour l’autonomie industrielle de la Côte d’Ivoire et son positionnement sur le marché international.