11 mai 2026

Centrafrique : Wagner ou Africa Corps, quel groupe russe choisir ?

Centrafrique : Wagner ou Africa Corps, quel groupe russe choisir ?

En Centrafrique, le choix entre les mercenaires de Wagner et les forces de l’Africa Corps soulève une question cruciale pour la population locale. Le président Touadéra préfère maintenir le partenariat avec Wagner, tandis que Moscou pousse pour l’installation de l’Africa Corps. Deux options aux conséquences dramatiques pour les civils.

Deux groupes russes, deux méthodes de rémunération

Avec Wagner, le financement repose sur l’exploitation massive des ressources naturelles du pays, entraînant pillages et exactions. L’Africa Corps, quant à lui, exige un paiement direct de 10 milliards de francs CFA par mois à la Russie. Pour les habitants, peu importe le groupe : la violence, les crimes et les massacres restent identiques, seul le mode de financement diffère. Alors, quel groupe choisir ?

Depuis la disparition d’Evguéni Prigojine en juin 2025, l’Africa Corps a pris la relève de Wagner au Mali. Les civils, espérant une amélioration, ont vite déchanté. « Ce sont les mêmes hommes, mais payés par le gouvernement russe. Les massacres continuent », déclare un chef de village malien ayant fui son foyer.

Une structure de commandement différente, des exactions identiques

L’Africa Corps dépend directement du ministère russe de la Défense, contrairement à Wagner, qui opérait de manière plus autonome. Pourtant, les deux groupes commettent des crimes de guerre. Un expert interrogé par Associated Press souligne que les actes de l’Africa Corps engagent la responsabilité du gouvernement russe, une nuance juridique qui ne change rien pour les victimes.

L’Africa Corps reste une entité opaque. Ses effectifs au Mali sont estimés à environ 2 000 hommes, recrutés en Russie, Biélorussie et dans plusieurs pays africains. Des témoignages indiquent la présence de combattants noirs parlant des langues étrangères, confirmant cette diversité de recrutement.

Témoignages glaçants : ce qui attend la Centrafrique

Trente-quatre réfugiés maliens, interrogés près de la frontière mauritanienne par Associated Press, décrivent des scènes d’horreur : assassinats arbitraires, enlèvements, violences sexuelles et pillages systématiques. Leurs récits offrent un aperçu terrifiant de ce qui pourrait advenir en Centrafrique si l’Africa Corps s’y installe durablement.

Fatma, dont la fille est décédée sous les balles des mercenaires, témoigne : « Je suis vivante en apparence, mais pas intérieurement ». Mougaloa, une éleveuse peule, cherche toujours sa fille disparue après avoir vu son fils égorgé devant elle. Les Peuls, souvent suspectés de liens avec les djihadistes, paient un lourd tribut dans cette politique de terre brûlée.

Les villages incendiés, les corps mutilés (foie et reins manquants), et les vidéos partagées sur les réseaux sociaux révèlent l’ampleur des exactions. Les chiffres officiels des morts civils attribués aux Russes ont diminué (447 en 2025 contre 911 en 2024), mais la peur des représailles pousse de nombreuses victimes au silence. « Il y a beaucoup de violences, mais identifier les auteurs reste difficile », explique Sukru Cansizoglu, représentant de l’UNHCR en Mauritanie.

Une équation sans issue pour la Centrafrique ?

Le président Touadéra reste favorable à Wagner, tandis que Moscou impose l’Africa Corps. Dans les deux cas, la population centrafricaine est prise en étau entre deux forces russes aux méthodes brutales. Même violence, mêmes crimes, même terreur : seul le mode de financement diffère, laissant peu d’espoir pour un avenir plus stable.

Alors, que choisir pour la Centrafrique : un groupe de mercenaires aux méthodes éprouvées ou une force officielle aux mêmes pratiques ? La réponse semble se résumer à une tragique évidence : aucune alternative n’offre de sécurité aux civils.