25 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Conférence de l’iaip à Cotonou : mgr houngbédji plaide pour un développement centré sur l’humain

Conférence de l’IAJP : Mgr Roger Houngbédji trace la voie d’un développement inclusif au Bénin

L’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé, le 23 juillet 2026 à Cotonou, une conférence majeure réunissant responsables religieux, acteurs politiques et partenaires sociaux. L’événement, centré sur le thème « État de droit et alternance politique en Afrique : un enjeu vital pour la stabilité et la prospérité », a servi de tribune au prélat béninois pour dresser un bilan sans concession des réformes en cours et proposer une vision audacieuse pour l’avenir.

Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, lors d'une conférence

Le développement africain : entre institutions solides et ressources exploitables

À l’ouverture de son allocution, Mgr Roger Houngbédji a mis en lumière un principe fondamental : la croissance d’une nation ne se mesure pas uniquement à l’aune de ses richesses naturelles, mais surtout à la robustesse de ses institutions. Pour lui, l’État de droit, la transparence de la gouvernance et l’indépendance du système judiciaire constituent les piliers indispensables à une prospérité durable. Sans ces fondations, a-t-il averti, les réformes économiques risquent de s’essouffler prématurément.

Le Bénin, un laboratoire des réformes : progrès tangibles et défis persistants

Pour illustrer ses propos, l’archevêque a choisi de s’appuyer sur le cas béninois, saluant les avancées significatives enregistrées ces dernières années. Parmi les réalisations phares, il a cité la création du Tribunal de commerce, la modernisation du cadre juridique des affaires et la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces mesures ont permis au pays de gagner en crédibilité sur la scène internationale, notamment dans les classements Doing Business.

Pourtant, Mgr Houngbédji n’a pas occulté les zones d’ombre. Il a pointé du doigt les débats récurrents autour du respect des libertés publiques, de l’autonomie de la justice et de la consolidation des mécanismes démocratiques. Selon lui, une démocratie ne se résume pas à des chiffres de croissance : elle exige des garanties concrètes pour les citoyens, une presse libre et des contre-pouvoirs efficaces.

L’humain au cœur des politiques : une exigence éthique et pratique

S’inscrivant dans la tradition de la Doctrine Sociale de l’Église, le prélat a martelé une idée centrale : le développement doit être intégral. Cela signifie que les politiques publiques ne peuvent se contenter d’améliorer les indicateurs macroéconomiques. Elles doivent, avant tout, améliorer le quotidien des populations, renforcer la justice sociale et préserver la dignité humaine. « Une nation qui prospère sans justice sociale est une nation qui construit sur du sable », a-t-il lancé.

L’Église, un acteur de dialogue et de cohésion nationale

Mgr Roger Houngbédji a rappelé le rôle crucial joué par l’Église catholique dans la médiation des tensions politiques au Bénin. Qu’il s’agisse de la crise post-électorale de 2019 ou des appels répétés au dialogue avant les scrutins de 2026, l’institution ecclésiastique s’est toujours positionnée comme un facilitateur de réconciliation. Son objectif ? Éviter les fractures sociales et préserver la stabilité nationale, sans jamais empiéter sur les prérogatives des institutions républicaines.

Un appel solennel aux dirigeants africains

En clôture de son intervention, Mgr Houngbédji a lancé un message fort aux décideurs du continent : le développement ne peut réussir sans conjuguer performance économique, justice indépendante et respect des droits fondamentaux. Pour lui, l’avenir de l’Afrique se joue autant dans la croissance de ses économies que dans la protection de ses valeurs démocratiques. Une équation complexe, mais nécessaire pour bâtir un continent prospère et unifié.