17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Coopération algéro-tchadienne : deux accords majeurs pour l’énergie et les infrastructures

Accélération des projets transsahariens et lancement d’une centrale électrique : l’Algérie et le Tchad scellent un partenariat ambitieux

Un tournant décisif dans les relations bilatérales entre l’Algérie et le Tchad a été marqué cette semaine par la signature de deux accords stratégiques, centrés sur les infrastructures et la production d’énergie. Ces engagements, formalisés lors de visites officielles à N’Djamena et Alger, visent à concrétiser les promesses échangées lors du sommet d’avril dernier et à renforcer les liens de coopération Sud-Sud.

Un partenariat renforcé pour les infrastructures routières

À N’Djamena, les ministres des Travaux publics des deux pays ont acté un protocole d’accord visant à faciliter la réalisation de projets communs dans le domaine des infrastructures. Abdelkader Djellaoui, ministre algérien, et Amir Idriss Kourda, son homologue tchadien, ont souligné la rapidité avec laquelle les engagements pris lors du sommet d’avril se concrétisent. Les avancées incluent notamment des missions techniques conjointes et le lancement des études préparatoires pour la construction de la route transsaharienne, un projet d’envergure traversant le Tchad.

Le ministre tchadien a salué cette dynamique, qualifiant les progrès de « remarquables » et évoquant une volonté commune de désenclaver les régions enclavées. Ces initiatives s’inscrivent dans une logique de développement durable et d’intégration régionale.

Une centrale électrique de 40 MW pour le Tchad

Parallèlement, à Alger, les ministres de l’Énergie des deux pays ont signé un accord historique pour la construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts à N’Djamena. Ce projet, aligné sur la vision du président Abdelmadjid Tebboune en faveur d’une coopération énergétique africaine, marque une étape clé dans l’autonomisation énergétique du Tchad.

Les discussions ont porté sur des axes stratégiques tels que la production, le transport et la distribution d’électricité, ainsi que sur la fourniture d’équipements et la formation des cadres tchadiens. Mourad Adjal, ministre algérien, a confirmé que les études techniques étaient finalisées, après une mission de Sonelgaz au Tchad la semaine précédente. Les équipements nécessaires sont en cours d’exportation, et la pose de la première pierre est imminente.

Une formation d’un mois sera dispensée à des techniciens tchadiens dans les écoles de Sonelgaz, tandis que la réhabilitation du réseau électrique de N’Djamena sera également engagée. Ces mesures garantissent une exploitation optimale de la centrale une fois opérationnelle.

Un jalon historique pour la coopération Sud-Sud

Passalé Kanabé Marcelin, ministre tchadien de l’Énergie, a salué cet accord comme un « moment historique », soulignant que les fondations de cette coopération avaient été posées lors de la visite officielle du président Mahamat Idriss Déby Itno à Alger en avril. Il a qualifié l’Algérie de « référence incontournable » en matière de production électrique, rappelant que 12 stagiaires tchadiens suivent déjà une formation en Algérie, avec d’autres promotions prévues.

Yazid Djellouli, PDG de Sonelgaz International, a précisé que la centrale serait « intégralement conçue et construite » par des entreprises et des travailleurs algériens. Les autorités tchadiennes procéderont prochainement à l’aménagement du site, en coordination avec le transfert des équipements et le démarrage des travaux. Il a également révélé que Sonelgaz International, créée en mars, reçoit déjà des demandes de plusieurs pays africains pour des projets similaires.

Saleh Ben Haliki, directeur général de la Tchadienne d’électricité, a salué ce projet comme une preuve tangible des « nouvelles dynamiques » entre les deux pays. Il a réaffirmé la volonté du Tchad de s’appuyer sur l’expertise algérienne, désormais reconnue comme un modèle en Afrique pour la couverture électrique.