28 avril 2026

Coopération sécuritaire des États-Unis avec l’afrique de l’ouest : une stratégie pragmatique face au terrorisme

coopération sécuritaire des États-Unis avec les pays de l’afrique de l’ouest : une stratégie en mutation

Malgré des tensions récentes, les États-Unis maintiennent une collaboration active avec les autorités militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger, trois nations dirigées par des juntes issues de coups d’État. Cette approche, confirmée par le général John Brennan, adjoint du commandant de l’Africom, s’inscrit dans une logique de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel.

Mali, Bamako 2025 | Bustes des dirigeants de l'AES

une coopération sécuritaire toujours active malgré les défis politiques

Selon le général John Brennan, les États-Unis continuent de partager des renseignements et de collaborer avec ces régimes, notamment pour cibler des groupes terroristes. Cependant, il souligne une transformation notable de la relation : « La situation a profondément évolué ces deux dernières années. Nous collaborons toujours, mais les dynamiques ont changé », a-t-il expliqué.

Le commandant adjoint de l’Africom a également mis en lumière les obstacles rencontrés : « D’autres acteurs influencent ces gouvernements en répandant des informations erronées et de la désinformation sur nos intentions. Notre objectif est de rétablir la confiance et de contrer ces narratives ».

des intérêts stratégiques multiples dans la région du Sahel

Pour Abdoulmoumouni Abbas, expert en radicalisation et extrémisme violent, la coopération américaine dépasse le cadre strict de la lutte antiterroriste. « Les États-Unis ont des enjeux majeurs en Afrique de l’Ouest : trafic de stupéfiants, criminalité transfrontalière, terrorisme et migrations. Ces problématiques, en particulier la criminalité organisée, prennent de l’ampleur », précise-t-il.

Récemment, l’armée américaine a intensifié ses échanges de données et ses livraisons d’équipements au Nigeria, dans le cadre d’une mission visant à contrer les djihadistes de l’État islamique. Pourtant, le général Brennan a tenu à rassurer sur un autre front : Washington n’a pas l’intention de remplacer ses bases au Niger après leur évacuation forcée par les nouvelles autorités locales.

une politique américaine sous le feu des critiques

Cette stratégie, qualifiée de « pragmatique » par certains observateurs, soulève des questions quant à la cohérence de la politique étrangère américaine envers les régimes issus de coups d’État. Malgré les tensions, les États-Unis semblent privilégier la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme, tout en naviguant entre alliances complexes et désinformation.

Cette position reflète une volonté de maintenir une présence stratégique en Afrique de l’Ouest, malgré les défis politiques et sécuritaires croissants dans la zone.