20 mai 2026

Le Reveil Noir

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Côte d’ivoire : la société civile exige une refonte de l’organe électoral et un dialogue inclusif

La dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) en Côte d’Ivoire a relancé le débat sur la réforme du système électoral. La Plateforme des 37 organisations de la société civile ivoirienne (PEC-CI) a pris position lors d’une conférence de presse à Abidjan, le 14 mai 2026, pour proposer des solutions radicales.

Sous la présidence d’Ebrin Yao Rémi, la PEC-CI a plaidé pour l’ouverture immédiate d’un dialogue politique élargi avec les figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. L’objectif affiché ? Désamorcer les tensions et poser les bases d’un cadre électoral apaisé, où chaque acteur puisse s’exprimer librement.

La société civile ivoirienne met en garde contre les risques d’une crise institutionnelle persistante. Elle souligne que la stabilité du pays passe par la capacité des forces politiques à s’unir autour d’un projet commun, au-delà des clivages partisans. « L’intérêt général doit primer », martèle la plateforme, alors que les désaccords sur l’organisation des élections s’intensifient.

Une refonte totale du système électoral : les propositions de la PEC-CI

Face aux dysfonctionnements répétés de la CEI, la PEC-CI avance un plan ambitieux : confier l’organisation des scrutins à une instance 100 % civile, excluant toute représentation directe des partis politiques. Cette nouvelle structure serait sélectionnée via un appel à candidatures transparent, garantissant indépendance et expertise.

Parmi les mesures phares :

  • Une autonomie budgétaire : le budget de cette entité serait voté par l’Assemblée nationale, assurant une indépendance financière et opérationnelle.
  • Une gouvernance renouvelée : les précédents scrutins ont été entachés de violences, de contestations et de pertes humaines, révélant les failles du système actuel.
  • Une concertation préalable : la dissolution de la CEI sans consultation de l’opposition et de la société civile est jugée « contre-productive » par la PEC-CI, qui craint une dégradation du climat politique.

La plateforme rappelle que l’ancienne CEI, bien que née de compromis politiques, n’a pas réussi à éviter les crises électorales. Elle insiste sur la nécessité d’un consensus national pour éviter de nouvelles tensions à l’approche des prochaines échéances.

Un appel à la responsabilité collective

En conclusion, la PEC-CI exige une réforme en profondeur du système électoral ivoirien. Pour elle, cette refonte est indispensable pour rétablir la confiance entre les institutions, les acteurs politiques et les citoyens. « Sans dialogue sincère et sans une gouvernance électorale irréprochable, la Côte d’Ivoire ne pourra pas tourner la page des divisions », alerte la société civile.