L’association STOP homophobie alerte sur la situation des personnes LGBT+ au Sénégal, où 68 individus sont actuellement détenus après l’adoption d’une loi pénalisant lourdement l’homosexualité. Depuis deux semaines, son standard enregistre plus de 3 000 appels à l’aide, un flux impossible à absorber pour ses bénévoles.
Face à cette crise humanitaire, des associations et élus français multiplient les initiatives pour offrir un refuge aux Sénégalais·es menacé·es. Parmi les actions concrètes : l’hébergement de réfugiés en Île-de-France, l’accompagnement administratif pour l’obtention de visas humanitaires, et même la création d’une ligne téléphonique dédiée aux victimes de persécutions.
Terrence Khatchadourian, secrétaire général de STOP homophobie, témoigne de l’ampleur de la détresse : « Notre standard est saturé. Jusqu’à récemment, nous recevions 3 000 appels en quelques semaines, une charge bien trop lourde pour nos moyens. »
des actions insuffisantes selon les militants
Malgré ces efforts, les critiques fusent. Jean-Luc Romero-Michel, militant historique pour les droits LGBT+, dénonce l’inaction de l’État français : « Tous les jours, des messages désespérés arrivent. Pourtant, les demandes de visas humanitaires restent lettre morte. Aujourd’hui, la France tourne le dos à ses valeurs. »
Ian Brossat, conseiller municipal parisien, tente d’apporter une réponse locale. Il proposera aujourd’hui au Conseil de Paris de mettre à disposition des logements pour les Sénégalais·es fuyant les persécutions. « S’indigner sur le sort des personnes LGBT+ au Sénégal, c’est nécessaire. Mais leur offrir un asile réel, c’est une obligation morale. »
le rôle des collectivités locales et de la société civile
Les initiatives ne viennent pas uniquement de l’État. Des associations comme STOP homophobie agissent au quotidien, malgré des moyens limités. D’autres structures, à l’échelle européenne, pourraient s’inspirer de ces démarches pour renforcer l’accueil des personnes persécutées.
La mobilisation actuelle pose une question cruciale : comment concilier solidarité internationale et réalité des politiques migratoires ? Pour les militant·es, la réponse est simple : agir vite, avant que d’autres vies ne soient brisées par la répression.
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