Côte d’Ivoire : Ouattara trace la voie d’une nation unie et prospère

Le 7 août 2026, alors que la Côte d’Ivoire commémore 66 ans d’indépendance, le président Alassane Dramane Ouattara esquisse une vision audacieuse pour l’avenir du pays. Son discours ne se limite pas à une simple célébration ou à des promesses de sécurité. Il propose une feuille de route ambitieuse combinant deux impératifs : accélérer la transformation économique tout en consolidant l’État de droit.
Au cœur de ce projet se trouve une question fondamentale : comment faire en sorte que la croissance économique et la stabilité politique bénéficient réellement à tous les Ivoiriens ?
La « Grande Côte d’Ivoire » : un projet collectif dépassant les clivages
Le chef de l’État invite toutes les forces vives du pays – institutions, entreprises, partis politiques, société civile, autorités traditionnelles, communautés religieuses et diaspora – à s’unir autour de l’ambition de la « Grande Côte d’Ivoire ». Ce choix sémantique est tout sauf anodin. Il ne s’agit pas simplement de poursuivre une politique gouvernementale classique, mais d’inscrire le développement dans une dynamique nationale unificatrice, au-delà des divisions partisanes.
Cette vision intervient alors que le pays affiche une dynamique économique robuste, portée par d’importants investissements dans les infrastructures, les transports, l’énergie et les infrastructures portuaires. Le nouveau Plan national de développement 2026-2030 se présente comme le cadre opérationnel de cette nouvelle phase, avec l’objectif clair de propulser la Côte d’Ivoire vers un niveau supérieur de prospérité.
Pourtant, la réussite de cette stratégie ne pourra se mesurer uniquement aux édifices modernes qui poussent à Abidjan ou aux axes routiers reliant les régions. Elle s’évaluera aussi à la capacité du pays à réduire les disparités territoriales, à offrir davantage d’opportunités à sa jeunesse et à convertir la croissance en amélioration tangible et durable des conditions de vie.
La « Grande Côte d’Ivoire » ne sera donc une réalité tangible que si elle devient simultanément une réalité sociale.
Développement et justice : une équation indissociable
C’est précisément sur ce point que prend tout son sens le second pilier du message présidentiel, diffusé la veille à la télévision nationale. Alassane Ouattara a confirmé la poursuite des opérations de sécurisation des zones à risque, notamment dans le contexte des inondations et catastrophes naturelles liées aux pluies diluviennes. Mais le président a également posé une limite non négociable : celle du respect absolu de la légalité.
Les actions menées en dehors du cadre juridique, comme celles dénoncées dans la commune de Koumassi, font l’objet d’enquêtes approfondies et devront, selon ses directives, aboutir à l’identification des responsables et à l’application des sanctions prévues par la loi.
Cette clarification est capitale. Une politique de modernisation urbaine peut s’avérer nécessaire. La prévention des catastrophes et la protection des populations justifient parfois des interventions rapides. Cependant, le développement ne peut en aucun cas ouvrir une brèche où l’administration agirait en zone de non-droit, déplaçant des citoyens sans respect des procédures légales ni garanties suffisantes.
Le discours présidentiel pose ainsi un principe fondamental : l’État peut être ferme dans ses ambitions, mais il doit rester inflexible sur le respect des règles qu’il a lui-même établies. La modernisation ne doit pas rimer avec arbitraire.
L’épreuve de la cohérence : le vrai défi ivoirien
La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui face à un défi bien plus complexe que la simple recherche de croissance. Elle doit prouver qu’une puissance économique régionale peut, simultanément, renforcer ses infrastructures, préserver sa stabilité, protéger ses citoyens et maintenir la confiance dans ses institutions.
C’est là que réside la véritable portée du message d’Alassane Ouattara. L’appel à l’union nationale n’aura de portée réelle que si chaque segment de la société perçoit sa participation au projet national. De même, l’État de droit ne peut se réduire à une notion théorique si les décisions prises au nom de l’État échappent elles-mêmes au cadre légal.
Le président ivoirien trace une voie qui, bien que simple en apparence, s’avère politiquement exigeante : construire plus vite, sécuriser davantage, moderniser le pays, tout en restant ancré dans la justice et l’inclusion sociale.
La « Grande Côte d’Ivoire » ne sera pas seulement celle des grands chantiers et des performances macroéconomiques. Elle sera jugée sur sa capacité à concilier puissance publique, équité juridique et cohésion sociale. C’est cette cohérence, bien plus que les discours, qui déterminera si l’étape actuelle représente véritablement un saut qualitatif pour le pays.
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