19 juin 2026

Le Reveil Noir

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Crise à l’est de la RDC : l’AFC/M23 dénonce l’inertie des médiateurs face aux tensions avec Kinshasa

Dans un climat de tension persistante, l’AFC/M23, par l’intermédiaire de son coordonnateur politique Corneille Nangaa, a vivement critiqué les récentes déclarations du président Félix Tshisekedi. Ce dernier, lors d’une allocution tenue à Houston, aux États-Unis, a affiché une posture de fermeté, promettant une reprise imminente des territoires actuellement sous le contrôle du mouvement rebelle. Pour l’organisation politico-militaire, ce discours est perçu comme une provocation belliqueuse qui met en péril les fragiles espoirs de paix dans la région.

Une dénonciation du silence international

S’exprimant depuis Goma, dans le Nord-Kivu, Corneille Nangaa a pointé du doigt ce qu’il qualifie de complicité passive de la part de la communauté internationale. Selon lui, les partenaires au processus de paix et les médiateurs restent muets face aux offensives menées par les forces gouvernementales, malgré les informations précises dont ils disposent sur la situation sécuritaire et humanitaire.

Le coordonnateur de l’AFC/M23 estime que ce manque de réaction encourage l’impunité et fragilise les initiatives diplomatiques visant à la désescalade. Il a notamment souligné la dégradation de la situation dans les Hauts-Plateaux de Minembwe, affirmant que les souffrances des populations locales ne doivent pas être ignorées sous prétexte de l’éloignement géographique de la capitale.

Des engagements diplomatiques au point mort

L’AFC/M23 déplore également le décalage entre les promesses de dialogue et la réalité du terrain. Alors que le mouvement affirme avoir libéré des centaines de prisonniers de guerre en guise de gage de bonne volonté, il accuse le gouvernement de Kinshasa de ne pas respecter ses engagements réciproques. Le renforcement des dispositifs militaires et l’envoi de nouvelles troupes sont perçus comme des actes de sabotage vis-à-vis des processus de paix initiés à Doha ou sous l’égide de Washington.

Malgré les efforts pour instaurer un cessez-le-feu durable, les hostilités se poursuivent de manière intense. Pour les observateurs de cette Afrique consciente des enjeux de souveraineté, le fossé se creuse entre les accords signés sur le papier et les manœuvres stratégiques opérées sur le front. Chaque camp campe sur ses positions, rendant la résolution du conflit de plus en plus incertaine dans cette partie de la République démocratique du Congo.