29 juillet 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Des voix burkinabè en exil : les journalistes fuient le régime d’Ibrahim Traoré en Côte d’Ivoire

Plusieurs professionnels des médias et un acteur du monde judiciaire, originaires du Burkina Faso, ont trouvé refuge en Côte d’Ivoire. Leurs récits poignants révèlent les raisons de leur départ précipité, motivé par la crainte de représailles. Ces témoignages mettent en lumière les difficultés grandissantes rencontrées par ceux qui osent élever une voix critique sous l’administration du capitaine Ibrahim Traoré.

Côte d'Ivoire : des journalistes burkinabè racontent leur exil après avoir fui le régime d'Ibrahim Traoré

Depuis son accession au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré pilote un Burkina Faso en proie à une crise sécuritaire majeure. Dans ce contexte tendu, de nombreux journalistes et figures de la société civile ont opté pour l’exil, cherchant à échapper à ce qu’ils qualifient de pressions intenses ou de mesures perçues comme arbitraires.

Interrogés en Côte d’Ivoire, terre d’accueil pour une importante diaspora burkinabè, trois journalistes et un professionnel de la justice ont partagé leurs expériences. Ils décrivent des départs souvent effectués dans la hâte, parfois clandestinement, et une incertitude persistante quant à leur avenir.

Maintenir l’information malgré la menace

Tous les exilés interrogés affirment avoir quitté le Burkina Faso par peur d’un enrôlement militaire forcé ou de sanctions en lien avec leurs activités professionnelles. L’un d’eux a choisi de continuer son travail journalistique sous un pseudonyme, tandis qu’un autre se consacre désormais à la formation de jeunes reporters aux techniques d’investigation.

Plusieurs ont également fait état de menaces reçues via les plateformes numériques et vivent avec l’appréhension constante d’être localisés, même depuis leur lieu d’exil.

Les autorités burkinabè n’ont pas formulé de réponse officielle à ces allégations. Cependant, diverses organisations internationales de défense des droits humains ont déjà exprimé leur préoccupation face à l’application du décret de mobilisation générale, perçue comme un moyen de museler certaines voix critiques à l’égard du régime.

Un retour conditionné à l’évolution de la situation

Pour ces citoyens burkinabè expatriés, la Côte d’Ivoire représente avant tout un havre de paix. Leur espoir est de pouvoir retrouver un jour leur patrie. Néanmoins, ils conditionnent ce retour à une amélioration tangible de la conjoncture politique et sécuritaire de leur pays.

Leurs témoignages dessinent un tableau des défis auxquels sont confrontés une partie des journalistes et des opposants burkinabè depuis près de quatre ans. Leurs récits s’inscrivent dans un contexte où les dirigeants justifient leurs décisions par la nécessité impérieuse de combattre les groupes jihadistes, qui frappent le territoire depuis plus d’une décennie dans cette actualité africaine souveraine.