1 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Est de la RDC : l’AFC/M23 reçoit un soutien massif de l’armée rwandaise, selon un rapport des Nations unies

Nangaa, Bisimwa, Chalwe

La rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, qui exerce son contrôle sur d’importantes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, continue de profiter d’un soutien militaire soutenu des Forces rwandaises de défense (RDF). Cet appui est manifeste tant dans ses opérations offensives que dans la consolidation de ses positions stratégiques sur le théâtre des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’est la conclusion majeure d’un rapport du Groupe d’experts des Nations unies, soumis au Comité du Conseil de sécurité le 8 mai 2026 et étudié le 5 juin 2026.

Ce document révèle la présence persistante des RDF et l’arrivée de renforts significatifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Il souligne également leur implication directe sur plusieurs fronts, tirant parti de technologies et d’équipements militaires de pointe, ainsi que de capacités de guerre aérienne sophistiquées. Les experts indiquent que les RDF ont fourni un appui opérationnel constant à l’AFC/M23, démontrant une aptitude à déployer rapidement des moyens hautement spécialisés, incluant des drones, des dispositifs de guerre électronique et des forces spéciales.

Le rapport met en évidence des opérations menées par les RDF dans des régions, comme Uvira, où aucune présence des FDLR n’avait été signalée. Cette observation soulève des questions quant à la justification de légitime défense avancée par Kigali pour expliquer son intervention militaire, présentée comme des « mesures défensives ».

« En décembre 2025, l’estimation prudente du déploiement des RDF dans l’Est de la République démocratique du Congo se situait entre 8 000 et 10 000 hommes au Sud-Kivu et entre 6 000 et 8 000 au Nord-Kivu, sans qu’aucun retrait notable n’ait été observé par la suite. Les mouvements subséquents ont principalement consisté en des rotations de troupes et des renforts, jusqu’à la date de rédaction du rapport », précise le document.

Comme mentionné, les RDF ont occupé des positions avancées cruciales, mené des offensives et ouvert des couloirs opérationnels au bénéfice du M23. Les experts des Nations unies affirment que chaque unité de combat du M23 était encadrée et appuyée par les RDF.

« Le personnel des RDF était intégré au sein de bataillons mixtes aux côtés d’éléments du M23, notamment des unités de commandos originaires de Bigogwe, Rubavu et Cyangugu. Récemment, des éléments des RDF déployés en République démocratique du Congo ont commencé à revêtir des uniformes du M23 afin d’échapper à la détection. Pour des raisons similaires, les déplacements de troupes étaient majoritairement effectués de nuit », détaille le rapport du Groupe d’experts des Nations unies.

Cette nouvelle publication intervient dans un contexte où la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se dégrader, malgré l’existence de l’Accord de Washington et la tenue de multiples réunions d’évaluation. Les tensions entre Kinshasa et Kigali persistent, chaque partie interprétant différemment les clauses de l’Accord de Washington, rendant sa mise en œuvre ardue, un an après sa signature ministérielle.

Le processus de Doha, sous l’égide du Qatar, rencontre des difficultés similaires. Après plusieurs cycles de pourparlers, Kinshasa et la rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, appuyée par le Rwanda, peinent à concilier leurs positions sur les points de désaccord majeurs. L’étape de Montreux, en Suisse, censée revitaliser ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements pris lors de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés, et la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant les efforts de médiation.