Est de la RDC : l’AFC/M23 toujours épaulé par 10 000 soldats rwandais, révèle un rapport onusien
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23) poursuit ses opérations sous une assistance militaire étrangère toujours aussi marquée. Selon le dernier rapport du Groupe d’experts de l’ONU, examiné en juin 2026, plus de 10 000 militaires des Forces de défense rwandaises (RDF) seraient déployés aux côtés des groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Une présence militaire rwandaise confirmée et renforcée
Le document onusien, rendu public ce mois de juillet, souligne que les RDF ne se contentent pas d’appuyer l’AFC/M23 : elles mènent aussi des opérations indépendantes dans des zones où aucune activité des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) n’a été signalée. À Uvira, par exemple, leur intervention contredit la justification rwandaise de légitime défense, qui invoquait la présence de ces groupes pour justifier son intrusion en territoire congolais.
Les experts notent une stratégie d’intégration poussée : des soldats des RDF opèrent au sein même des bataillons mixtes, aux côtés de combattants du M23, notamment dans des unités de commandos originaires de Bigogwe, Rubavu ou Cyangugu. Pour éviter toute identification, certains uniformes rwandais ont été remplacés par ceux de l’AFC/M23, tandis que les mouvements de troupes s’effectuent principalement de nuit.
Drones, forces spéciales et guerre électronique : l’arsenal rwandais
Le rapport détaille l’étendue de l’appui fourni : drones, équipements de guerre électronique et forces spéciales rwandaises sont déployés pour soutenir les offensives de l’AFC/M23. Les RDF disposent également de capacités aériennes, permettant un soutien logistique et opérationnel accru. Selon les estimations prudentes du Groupe d’experts :
- Entre 8 000 et 10 000 soldats rwandais stationnés au Sud-Kivu en décembre 2025.
- Entre 6 000 et 8 000 soldats déployés au Nord-Kivu.
- Des rotations et renforts ultérieurs, sans signe tangible de retrait.
Une situation sécuritaire qui se dégrade
Ce rapport intervient alors que la RDC et le Rwanda peinent à faire avancer les accords de paix, comme celui de Washington, signé il y a près d’un an. Les discussions de Doha et Montreux n’ont pas abouti à une résolution concrète du conflit, la situation humanitaire continuant de se détériorer dans l’Est du pays. Les ADF, désormais classées comme le deuxième groupe affilié à l’EI le plus meurtrier au monde, aggravent encore cette crise.
Les experts onusiens pointent du doigt l’AFC/M23 comme le principal responsable des violations des droits humains dans la région, tandis que Kinshasa dénonce l’absence de sanctions contre les auteurs des violations, malgré les engagements internationaux.
Face à cette impasse, la communauté internationale reste divisée, et les promesses de médiation s’effritent. La présence militaire rwandaise, elle, persiste – et avec elle, l’instabilité.
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