4 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Est de la rdc : l’ONU en difficulté financière face aux violences du nord-kivu et sud-kivu

Est de la République démocratique du Congo : le manque de ressources de l’ONU paralyse l’enquête sur les violences au Nord-Kivu et Sud-Kivu

La Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, mandatée par l’ONU, fait face à de sérieuses difficultés opérationnelles. Ces obstacles, principalement financiers, compromettent son travail d’investigation sur les violences persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Une mission entravée par des contraintes budgétaires et sécuritaires

Lors de sa première intervention devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, la Commission a dressé un bilan contrasté de ses activités. Si les consultations à Kinshasa ont pu être menées, l’accès aux zones les plus touchées, comme Goma, reste impossible en raison de l’instabilité sécuritaire et de restrictions logistiques.

Arnauld Akodjenou, président de la Commission, a souligné l’impact direct des difficultés financières des Nations Unies sur ses capacités d’action :

« Les contraintes budgétaires de l’ONU restreignent notre capacité à déployer des équipes, à assurer l’interprétation simultanée, à analyser les données et à financer nos missions sur le terrain. Malgré ces entraves, nous maintenons notre engagement à accomplir notre mission avec rigueur et indépendance. Les souffrances des populations exigeent une réponse urgente et des enquêtes approfondies.

Un mandat élargi face à une crise humanitaire persistante

Créée en février 2025 par une résolution du Conseil des droits de l’homme, la Commission a pour mission d’enquêter sur les violations des droits humains, les violences sexuelles, les crimes contre les populations déplacées et les exactions commises dans le contexte des conflits armés.

Parmi les priorités identifiées :

  • L’accès humanitaire sûr pour les populations vulnérables (femmes, enfants, personnes handicapées) face aux risques de propagation de maladies comme Ebola ;
  • La protection des témoins et des défenseurs des droits humains contre les représailles ;
  • L’identification des responsables des exactions pour les traduire en justice.

Le président Akodjenou a rappelé l’urgence de lever les obstacles à l’action humanitaire :

« Les travailleurs humanitaires, les médecins et les acteurs de la protection doivent pouvoir accéder sans entrave aux zones touchées, notamment pour contenir les épidémies et secourir les victimes. »

Un appel à la communauté internationale

La Commission insiste sur la nécessité d’un soutien financier accru pour garantir son indépendance et son efficacité. Elle rappelle que les parties au conflit, y compris les groupes armés, ont l’obligation de faciliter l’accès des enquêteurs et des humanitaires aux populations affectées.

Alors que les violences persistent dans l’Est de la RDC, le manque de ressources menace la crédibilité des mécanismes onusiens de protection des droits humains. Une situation qui préoccupe les observateurs internationaux et les organisations de la société civile.

Photo : Conseil des droits de l’homme à Genève, où la Commission a présenté son rapport.