30 juin 2026

Le Reveil Noir

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Fridolin Ambongo : la paix avant la réforme constitutionnelle en RDC

Le cardinal Fridolin Ambongo a brossé un tableau alarmant de la situation en République démocratique du Congo. Devant les fidèles réunis à la cathédrale Notre-Dame du Congo, l’archevêque de Kinshasa a énuméré les multiples crises : insécurité persistante, conflits armés, présence de forces étrangères sur le sol congolais, pauvreté généralisée et résurgence d’Ebola. Dans ce contexte, il estime qu’une révision de la Constitution n’est pas une priorité.

« Croyez-vous sincèrement que réviser la Constitution, présentée comme la solution face à tous ces maux, soit la réponse appropriée aux souffrances du peuple congolais ? Compte tenu de la gravité de la situation, nous ne percevons ni nécessité ni urgence à changer la Loi fondamentale. La priorité absolue de la RDC demeure la paix. C’est pourquoi la Conférence épiscopale nationale du Congo continuera d’œuvrer en faveur d’un dialogue global et inclusif », a déclaré le cardinal.

Mobilisation de l’opposition

Cette position rejoint celle du Comité laïc de coordination, de la Cenco et de l’Église du Christ au Congo. Toutes ces institutions considèrent qu’une réforme constitutionnelle n’est ni opportune ni prioritaire en l’état actuel.

Cardinal Fridolin Ambongo Besungu

Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et cadre du Front commun pour le Congo (FCC), la plateforme de l’ex-président Joseph Kabila, était présente à la cérémonie. Elle a réitéré le rejet par son parti de toute modification de l’article 220 de la Constitution.

« L’article 220 est intouchable. La Constitution dispose clairement que tout président élu ne peut exercer plus de deux mandats, renouvelables une seule fois. Après ces deux mandats, il doit céder la place à un successeur choisi par le peuple congolais. Désormais, tous les partis et plateformes politiques du FCC participeront à toutes les manifestations pour empêcher toute révision constitutionnelle. Nous descendrons dans la rue le 8 juillet pour défendre notre Constitution », a rappelé Mushobekwa.

« Nous serons dans la rue le 8 juillet »

Kinshasa : manifestation de l’opposition contre le projet de révision constitutionnelle

Les mouvements citoyens partagent cette détermination. Plamédie Bamata, du mouvement Patriotisme, exhorte la jeunesse congolaise à se joindre à la marche prévue par l’opposition le 8 juillet.

« Nous sommes résolus à stopper ce projet de troisième mandat, pour lequel les Congolais ont déjà versé tant de sang en défendant cette Constitution. Nous serons dans la rue le 8 juillet. Nous marcherons jusqu’au Palais de la Nation pour exprimer notre mécontentement et dire non à toute tentative de balkanisation de notre pays », a insisté Bamata.

La proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum sur le changement de la Constitution a été adoptée par les deux chambres du Parlement, puis transmise au président de la République pour promulgation. Le gouvernement et la majorité la présentent comme un simple cadre juridique pour le recours au référendum. L’opposition, de son côté, estime qu’elle pourrait ouvrir la voie à une révision de la Loi fondamentale.