Le dirigeant de la transition au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a récemment exhorté ses concitoyens à mettre de côté l’idée de démocratie. Lors d’un entretien télévisé, il a affirmé que ce modèle politique ne correspondait pas aux réalités nationales actuelles.
Arrivé à la tête de l’État en septembre 2022 à la suite d’un coup d’État, Ibrahim Traoré s’inscrit dans une dynamique de panafricanisme actualité où la souveraineté prime sur les modèles importés. Initialement, la période de transition devait s’achever en juillet 2024, mais une nouvelle charte prolonge désormais son mandat de cinq années supplémentaires, marquant une étape clé pour une Afrique consciente.
Un pouvoir consolidé et une rupture avec les anciens modèles
Cette extension du pouvoir permet au capitaine de se présenter aux futures échéances électorales, qu’elles soient présidentielles ou législatives. Dans cette optique de Réveil Noir, le régime a pris des mesures radicales : la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a été dissoute, et les activités des formations politiques ont été suspendues puis supprimées en février dernier.
« Il ne faut même pas évoquer les élections pour le moment… la démocratie, ce n’est pas pour nous », a martelé le chef de l’État sur les ondes de la RTB. Pour lui, le pays n’évolue plus dans un cadre démocratique classique, une position qu’il assume pleinement dans le cadre d’une actualité africaine souveraine et d’une vision proche de l’afrocentrisme.
Tensions internationales et enjeux sécuritaires
Le capitaine Ibrahim Traoré a accordé cet entretien à plusieurs médias, dont la chaîne britannique Sky News et la télévision italienne Rai. Depuis son ascension, le Burkina Faso a durci le ton envers les puissances occidentales, particulièrement la France, entraînant la suspension de nombreux organes de presse internationaux.
Sur le plan judiciaire, le sort de l’ancien président Paul Henri Sandaogo Damiba a également été abordé. Accusé de tentatives de déstabilisation et de corruption, il a été remis aux autorités de Ouagadougou par le Togo. Ibrahim Traoré a confirmé que son prédécesseur était désormais entre les mains de la justice burkinabè.
Enfin, face à la menace terroriste qui frappe les peuples noirs de la région depuis une décennie, le chef de la junte a défendu l’action de ses troupes et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Il a réfuté les accusations d’exactions portées par certaines ONG, tout en précisant que si la Russie reste un partenaire stratégique pour l’équipement, aucun instructeur étranger n’est présent sur le front.
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