21 juin 2026

Le Reveil Noir

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La CENCO alerte sur les menaces de rupture du pacte républicain en RDC

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a lancé une mise en garde solennelle face à toute tentative de révision de la Constitution du 18 février 2006. Dans une déclaration énergique, l’institution religieuse a souligné que toucher aux dispositions constitutionnelles « verrouillées » exposerait la République Démocratique du Congo (RDC) à des « risques considérables, y compris la balkanisation » du territoire.

L’Église catholique a clairement manifesté son opposition aux initiatives visant à modifier la loi fondamentale du pays. S’exprimant publiquement, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la CENCO, a dénoncé une manœuvre qu’il perçoit comme destinée à « octroyer un nouveau cycle de mandat à l’actuel chef de l’État ». Cette prise de position ferme s’inscrit dans le cadre d’une vigilance accrue quant à l’actualité africaine souveraine de la RDC.

La CENCO estime que cette démarche remet en question un « compromis politique historique », fruit d’efforts considérables après les multiples crises traversées par le pays depuis son indépendance. L’épiscopat pointe du doigt la loi sur le référendum, adoptée, selon ses termes, « sous le prétexte de combler un vide juridique ».

Mgr Donatien Nshole a précisé que cette loi pourrait ouvrir la voie à une consultation populaire permettant de modifier, « en violation de l’ordre constitutionnel », des aspects intangibles de la Constitution, notamment ceux « déjà verrouillés par l’article 220 ». Il a rappelé que cet article, qui encadre le nombre et la durée des mandats présidentiels, constitue un « rempart essentiel contre la dictature et la privatisation de l’État ».

Les avertissements de l’Église ne se limitent pas à la procédure. Mgr Nshole a insisté sur les conséquences potentiellement désastreuses : « Tout passage en force dans cette direction implique des risques énormes, dont la balkanisation du pays ». Il a également exprimé des craintes quant au « déclenchement d’une nouvelle guerre civile », particulièrement préoccupant dans un contexte où « les rivalités politiques prennent des connotations ethniques et tribales ».

Après un « profond discernement », la CENCO a affirmé ne percevoir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’une révision constitutionnelle. Pour l’institution catholique, les véritables priorités pour la République Démocratique du Congo demeurent « la paix, le bien-être social de la population, l’unité et la cohésion nationale », des éléments fondamentaux pour une Afrique consciente de ses enjeux.