27 juillet 2026

Le Reveil Noir

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La difficile lutte contre les coups d’état en afrique : interview d’un expert à Addis-Abeba

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine, qui s’est tenu à Addis-Abeba, a marqué les esprits par une déclaration ambitieuse : celle de « faire taire les armes » et de mettre un terme définitif aux changements de pouvoir anticonstitutionnels. Pourtant, la crédibilité de cet engagement reste sujette à caution. Dans le cadre de son émission Afrique midi, un chercheur camerounais de renom, Paul-Simon Handy, directeur régional pour l’Afrique de l’Est de l’Institut d’études de sécurité (ISS), a partagé son analyse sur ce sujet brûlant.

Paul-Simon Handy, directeur régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Est, analyse le sommet de l’UA à Addis-Abeba.

Un sommet sous haute tension politique

Lors de ce rassemblement continental, les dirigeants africains ont réaffirmé leur volonté de ne plus tolérer les coups d’État ou les prises de pouvoir illégitimes. Pourtant, comme le souligne Paul-Simon Handy, le défi est de taille : comment concilier cette ferme détermination avec la réalité des urnes, où certains régimes issus de transitions controversées cherchent désormais à se légitimer par les votes ?

Pour le chercheur, « il n’est pas acceptable que des putschistes, ayant renversé des gouvernements démocratiques, soient ensuite présentés comme des acteurs politiques légitimes ». Une position qui interroge sur l’efficacité des mécanismes de sanction de l’Union africaine, souvent critiqués pour leur manque de fermeté.

L’Afrique peut-elle tourner la page des gouvernances illégitimes ?

Paul-Simon Handy rappelle que la charte de l’Union africaine interdit formellement les changements anticonstitutionnels de gouvernement. Pourtant, malgré les déclarations solennelles, les coups d’État se multiplient dans plusieurs pays du continent. Selon lui, la clé réside dans l’application stricte de ces principes, sans exception. « La crédibilité de l’Afrique est en jeu », insiste-t-il.

Pourtant, le chercheur camerounais tempère cet optimisme. Les défis sont nombreux : pressions géopolitiques, intérêts économiques divergents et manque de consensus entre États membres. Sans une volonté politique unifiée, les déclarations d’intention risquent de rester lettre morte.

Vers une Afrique plus résiliente ?

Malgré ce tableau contrasté, Paul-Simon Handy voit des signes encourageants. La société civile africaine, de plus en plus mobilisée, joue un rôle crucial dans la défense des institutions démocratiques. De même, des initiatives régionales, comme la création de forces de maintien de la paix, pourraient renforcer la stabilité à long terme.

Le débat reste ouvert : l’Afrique parviendra-t-elle à concrétiser ses ambitions de paix et de démocratie ? Une chose est sûre, la pression pour un changement réel ne faiblira pas.