- Société
La République Démocratique du Congo, un pays fréquemment confronté aux défis de la corruption et souvent classé parmi les nations les plus touchées selon l’Indice de Perception de la Corruption (IPC), marque un tournant historique. Le gouvernement congolais vient d’adopter un projet de loi novateur visant à intensifier la lutte contre la corruption en RDC, signalant une transition des intentions aux actions concrètes.
Longtemps, la bataille contre ce fléau s’est cantonnée à des déclarations d’intention politique. Désormais, l’exécutif de la République passe à l’offensive en examinant et en validant ce projet de loi essentiel. Présenté lors du Conseil des ministres du vendredi 26 juin 2026, ce texte a été porté par Marc Ekila, ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, suppléant Guillaume Ngefa, ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, alors en mission. L’ambition est claire : renforcer l’arsenal juridique national pour combattre efficacement la corruption et les infractions qui y sont liées.
Ce cadre législatif s’appuie sur les articles 67, 122.6, 123 et 215 de la Constitution de la RDC. Il vise à étendre considérablement le champ d’application des mécanismes de prévention et de répression. L’objectif est de « renforcer la lutte contre la corruption et les infractions y assimilées » et d’assurer « la plus large extension possible du champ d’application » des mesures qu’il contient. Le rapport du Conseil des ministres souligne que le texte est structuré autour de trois piliers fondamentaux : la prévention, la détection, et la répression, incluant les procédures associées.
Parmi les avancées majeures de cette loi anti-corruption RDC, on note l’intégration de la coopération internationale et du recouvrement des avoirs illicites. Ces aspects sont jugés cruciaux pour démanteler les réseaux corrupteurs et récupérer les ressources publiques détournées. Le projet de loi impose également au secteur privé l’obligation de mettre en place des dispositifs internes de prévention contre la corruption, tout en interdisant formellement les pratiques comptables opaques.
Cette réforme législative ambitieuse témoigne de la volonté du gouvernement de moderniser le cadre juridique congolais et de consolider les instruments de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance, tant dans la sphère publique que privée. Après son adoption par le gouvernement, le projet sera soumis au Parlement pour examen, puis à l’Assemblée nationale et au Sénat pour adoption, avant d’être promulgué par le président de la République.
Depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la présidence, des initiatives ont été lancées, notamment la revitalisation de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cour des comptes. Cependant, de nombreux observateurs estiment que ces efforts, bien que louables, restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène dans la société congolaise. Des voix s’élèvent régulièrement parmi les organisations et les experts économiques et financiers, appelant à l’établissement d’une véritable loi anti-corruption pour la RDC.
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