10 août 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

L’AES réagit fermement aux déclarations du Président nigérian sur l’insécurité au Sahel

Une convocation diplomatique pour clarifier des propos controversés

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, a convoqué le représentant nigérian en poste à Ouagadougou après les déclarations du Président Bola Tinubu. Ce dernier avait évoqué, lors d’une rencontre avec des chefs traditionnels, une prétendue aggravation de l’insécurité au Nigeria en raison de la situation dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Une réponse collective des pays de l’AES

La rencontre a réuni, en plus du Nigeria, les représentants du Mali et du Niger, tous deux membres de l’Alliance des États du Sahel. L’objectif ? Affirmer une position unifiée et solidaire face aux accusations portées par le dirigeant nigérian. Le 30 juillet, ce dernier avait pointé du doigt l’impact de l’insécurité dans les trois pays sur la stabilité de son propre territoire, évoquant une hausse des attaques terroristes et des enlèvements.

Une analyse jugée « simpliste » et « inexacte »

Le ministre Traoré, agissant au nom des trois nations, a dénoncé des propos « inexacts » et en totale contradiction avec l’esprit de coopération qui doit régner entre voisins partageant une menace commune. « Nous regrettons vivement que le contexte sécuritaire soit réduit à une analyse aussi rapide et superficielle, risquant d’alimenter des tensions inutiles », a-t-il déclaré. Selon lui, attribuer aux pays de l’AES la responsabilité de la dégradation sécuritaire au Nigeria revient à occulter la complexité du phénomène.

Il a rappelé que les trois pays subissent directement les conséquences de cette insécurité, sans pour autant en être les instigateurs. « Nous ne sommes pas à l’origine de nos propres difficultés. Nous en subissons les conséquences, mais les véritables responsables se trouvent ailleurs », a-t-il souligné.

Un appel à la solidarité et à la coopération régionale

Malgré les tensions, le représentant burkinabè a tenu à préciser que la démarche des pays de l’AES n’avait rien d’une provocation. « Notre objectif n’est ni la polémique ni l’affrontement, mais bien d’engager un dialogue franc et constructif », a-t-il insisté. Les trois nations restent convaincues que seule une coopération sincère permettra de venir à bout des défis sécuritaires qui les traversent.

Le Chargé d’Affaires nigérian, de son côté, a reconnu la légitimité de cette initiative. Il a salué l’engagement des pays de l’AES dans la lutte contre le terrorisme tout en promettant de transmettre leur message à Abuja. Une réponse qui témoigne d’une volonté de maintenir les canaux de communication ouverts.