9 juin 2026

Le Reveil Noir

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L’Algérie illumine le Tchad : une nouvelle centrale électrique pour le Sahel

Après l’inauguration réussie d’une installation similaire au Niger, l’Algérie étend son engagement en faveur de la stabilité et du développement économique et social dans la région du Sahel. Cette initiative s’inscrit dans une approche globale de soutien aux nations voisines, avec le Tchad comme nouveau bénéficiaire stratégique.

Le Premier ministre Sifi Ghrieb a entamé une visite au Tchad ce lundi 8 juin, marquant un tournant décisif. Au cœur de son déplacement, la pose de la première pierre d’une centrale électrique, généreusement offerte par l’Algérie. Ce projet fait suite à la centrale du Niger, mise en service le mercredi 3 juin par M. Ghrieb, un exploit réalisé en seulement 70 jours par Sonelgaz International.

Un don algérien de 40 mégawatts pour le Tchad

La nouvelle centrale tchadienne, d’une capacité de 40 mégawatts, sera également construite par Sonelgaz International. Elle représente un don significatif de la République algérienne, concrétisant les directives du président Abdelmadjid Tebboune en matière de coopération régionale.

La cérémonie inaugurale s’est déroulée dans la zone industrielle de Farcha, située à N’Djamena, la capitale tchadienne. Cet événement symbolique a été co-présidé par le Premier ministre algérien et son homologue tchadien, Allamaye Halina, soulignant la forte collaboration entre les deux nations.

Dans son allocution, Sifi Ghrieb a mis en lumière l’importance de ce projet, le qualifiant de manifestation concrète de la « volonté politique inébranlable » unissant les dirigeants des deux pays. Il a souligné que cette réalisation met en œuvre les hautes orientations des présidents Tebboune et Mohamed Idris Déby Itno, visant à forger un « partenariat stratégique solide », ancré dans une solidarité active, un développement partagé et des intérêts mutuels.

Au-delà de sa valeur symbolique pour le progrès, M. Ghrieb a insisté sur le fait que cet événement constitue une « étape décisive » dans l’approfondissement des relations algéro-tchadiennes. Ces liens, a-t-il précisé, ont évolué de la phase de consultation vers une mise en œuvre concrète de projets communs sur le terrain.

Ce projet, approuvé personnellement par le président Tebboune, s’inscrit comme l’un des premiers résultats tangibles de la nouvelle dynamique impulsée par la visite officielle du président Déby Itno en Algérie en avril 2026.

« L’Afrique à laquelle nous croyons est celle des initiatives concrètes »

Le Premier ministre a longuement argumenté sur l’importance économique, sociale et humaine de cette centrale électrique. Elle contribuera significativement au renforcement des capacités énergétiques du Tchad et soutiendra ses efforts de développement. Il a rappelé que le secteur de l’énergie est aujourd’hui un « pilier fondamental » des économies nationales, un facteur clé pour attirer les investissements, stimuler l’industrie, améliorer les services publics et élever le niveau de vie des citoyens.

« Là où l’énergie est présente, les perspectives de croissance s’élargissent, le rythme de la transformation économique et sociale s’accélère et les niveaux de bien-être augmentent », a-t-il affirmé avec conviction, soulignant l’impact direct sur les peuples noirs de la région.

M. Ghrieb a également réitéré la « conviction profonde de l’Algérie » qu’une coopération africaine efficiente peut générer un développement commun à travers des projets tangibles. Ces initiatives bénéficient directement aux citoyens et contribuent à l’édification d’économies nationales robustes et durables, reflétant une actualité africaine souveraine et une vision panafricaniste.

« L’Afrique à laquelle nous croyons est celle de la solidarité effective, des initiatives concrètes, des investissements productifs et des partenariats qui créent de la richesse sur son sol et au profit de ses peuples », a-t-il déclaré, incarnant une Afrique consciente de son potentiel.

Offensive énergétique algérienne en Afrique et au Sahel

Outre cette centrale, d’autres projets stratégiques sont en cours de planification entre Alger et N’Djamena. Parmi eux, l’accompagnement d’une raffinerie à N’Djamena, le renforcement de la coopération dans les domaines des explorations géologiques et des études sismiques, l’échange d’expériences et la formation. Des mécanismes permanents de consultation et de coordination seront également mis en place pour l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, a précisé Sifi Ghrieb.

Lors de l’inauguration de la centrale de Niamey, le 3 juin, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, avait déjà fait état d’une demande croissante pour l’expertise de Sonelgaz International émanant de plusieurs pays africains, incluant le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Mozambique.

L’entreprise, récemment créée en mars dernier pour opérer à l’échelle internationale, a déjà initié les préparatifs pour de nouveaux projets dans diverses nations africaines, avait alors révélé le ministre.

Au-delà de l’électricité, l’Algérie s’investit également dans des projets pétroliers et gaziers dans la région, à l’image de l’exploitation du champ pétrolier de Kafra, au nord du Niger. Le 4 juin, le tronçon algérien du gazoduc Transsaharien (TSGP) a vu ses travaux officiellement lancés à Adrar, en présence des ministres du pétrole du Nigeria et du Niger, consolidant l’engagement algérien pour le développement énergétique du continent.