17 mai 2026

Le Reveil Noir

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L’alliance du Sahel frappe les groupes armés au Mali

l’alliance du Sahel frappe les groupes armés au Mali après une série d’attaques meurtrières

La force conjointe anti-djihadistes composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger a mené des « campagnes aériennes intenses » sur le territoire malien en réponse à des attaques menées par des groupes liés à al-Qaïda et des séparatistes touaregs. Cette annonce a été faite par le gouvernement du Niger en fin de semaine dernière.

Ce week-end, des jihadistes accompagnés de leurs alliés touaregs ont perpétré la plus grande offensive contre le Mali en près de quinze ans. Ces assauts ont conduit à la prise de la ville stratégique de Kidal et au décès du ministre malien de la Défense, Sadio Camara.

Les trois pays, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont mis en place une force conjointe comptant initialement 5 000 hommes, portée à 15 000 soldats mi-avril. Cette unité vise à contrer la progression des groupes armés dans la région.

une riposte immédiate saluée par les autorités nigériennes

Les autorités du Niger ont salué « la réponse rapide et vigoureuse des unités de la force unifiée, qui ont mené des frappes aériennes intenses dans les heures suivant les attaques lâches du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal ». Cette déclaration a été faite lors d’un conseil des ministres organisé en fin de semaine.

D’autre part, le porte-parole des rebelles touaregs du Mouvement de libération de l’Azawad (MLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, avait appelé le Burkina Faso et le Niger à « ne pas s’immiscer dans les événements en cours au Mali », peu après le début des attaques.

des juntes militaires unies contre l’insécurité

Les trois nations de l’AES sont dirigées par des juntes militaires arrivées au pouvoir à la suite de coups d’État entre 2020 et 2023. Ces régimes font face à une montée des violences attribuées à des groupes armés, plongeant ces ex-colonies françaises dans une crise sécuritaire majeure.

Lors des funérailles du ministre Sadio Camara, le ministre burkinabè de la Défense, Celestin Simpore, a déclaré au nom de l’AES que les « assassins » seraient « pourchassés ».

manifestations de solidarité au Niger

Environ un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale nigérienne, Niamey, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien ». Des vidéos diffusées en direct sur les réseaux sociaux montrent des manifestants scandant des slogans comme « à bas les impérialistes », « à bas les terroristes et leurs soutiens » ou encore « vive l’AES », avec une photo de Sadio Camara brandie au-dessus de la foule.

Effred Mouloul, représentant d’une coalition de la société civile organisatrice de l’événement, a déclaré : « Au peuple malien, nous disons : vous n’êtes pas seuls, les forces actives du Niger et de l’AES se tiennent à vos côtés et expriment une solidarité totale. »

Il a également critiqué les dirigeants africains pour leur « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé » des dirigeants maliens et exigé le retrait des troupes françaises du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, notamment la France, d’orchestrer les attaques du week-end au Mali. Niger a maintes fois accusé Paris de chercher à déstabiliser le pays, une allégation que la France dément formellement.

Enfin, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er mai sur l’ensemble du territoire pour des raisons de sécurité.