17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Laurent gbagbo reste président du ppa-ci en Côte d’Ivoire

Laurent Gbagbo conserve la présidence du Parti des peuples africains en Côte d’Ivoire

Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a officiellement reconduit Laurent Gbagbo à sa tête lors de son premier congrès ordinaire, malgré ses déclarations récentes évoquant un retrait progressif de la vie politique. À 81 ans, l’ex-président ivoirien (2000-2011) maintient ainsi son influence au sein d’une formation politique en proie à des difficultés majeures après plusieurs années de contestation électorale.

Laurent Gbagbo lors de son discours de reconduction à la tête du PPA-CI.
Laurent Gbagbo, reconduit à la présidence du PPA-CI

Un leadership contesté mais toujours dominant

Lors du congrès tenu à Abidjan, des millers de militants ont acclamé la décision de maintenir Laurent Gbagbo à la présidence du parti. Arrivé sous les ovations au Palais des congrès de Treichville, il a salué l’enthousiasme populaire avant d’annoncer un discours programmé pour le lendemain à Songon. Malgré ses propos tenus fin 2025 sur sa volonté de « s’interdire d’occuper des fonctions politiques », son autorité reste incontestée parmi ses partisans.

Son absence des dernières élections, notamment la présidentielle d’octobre 2025, s’explique par une condamnation pénale l’empêchant de figurer sur les listes électorales. Le PPA-CI, qui n’a ni soutenu ni présenté de candidat, a ensuite boycotté les législatives de décembre, privant le parti de toute représentation parlementaire et réduisant son ancrage territorial à une poignée de mairies.

Des tensions internes et des sanctions marquantes

La reconduction de Laurent Gbagbo s’est accompagnée de décisions fortes envers les dissidences internes. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle de 2025 contre l’avis du parti, a été exclu tandis que Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a écopé d’une suspension de 18 mois pour désobéissance.

Le parti traverse une période de fragilité structurelle, avec une gauche ivoirienne historiquement attachée à Gbagbo qui s’est considérablement fragmentée. Des figures emblématiques comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé (ancien allié) ou encore Pascal Affi N’Guessan (ex-Premier ministre) ont rompu avec le PPA-CI, illustrant les divisions persistantes au sein de l’opposition.

Quelle suite pour la carrière politique de Gbagbo ?

Le parcours futur de l’ex-président dépendra principalement de sa réinscription sur les listes électorales, condition sine qua non pour une éventuelle participation aux scrutins. Cette possibilité reste subordonnée à une amnistie de la part du président Alassane Ouattara, arrivé au pouvoir en 2011 dans un contexte post-électoral particulièrement violent entre leurs deux camps.

En parallèle, le PPA-CI a affiché son soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), grouping le Burkina Faso, le Mali et le Niger – des régimes militaires en rupture avec Abidjan. Une prise de position qui a également reçu un accueil chaleureux parmi les délégués, renforçant le positionnement souverainiste du parti.