10 août 2026

Le Reveil Noir

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Le Jnim intensifie ses offensives contre les forces maliennes au cœur du pays

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), la principale coalition jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda, a mené une attaque ce dimanche 9 août contre une base militaire des Forces armées maliennes (FAMa) située au centre du Mali. Cet assaut s’inscrit dans une série d’opérations revendiquées par cette mouvance contre les positions de l’armée régulière, illustrant les défis persistants auxquels sont confrontées les autorités de transition pour stabiliser les régions rurales du pays.

Une nouvelle offensive contre les positions des FAMa

L’opération a ciblé une garnison établie dans une zone devenue un épicentre des activités du Jnim. Le cœur du Mali, notamment les territoires environnants Mopti et Ségou, est le théâtre depuis plusieurs années des confrontations les plus meurtrières entre les forces gouvernementales et les groupes armés jihadistes. La coalition, sous la direction d’Iyad Ag Ghali, y a consolidé sa présence en tirant parti des tensions intercommunautaires et de la défaillance des services publics dans les campagnes.

La méthode employée correspond à une tactique bien rodée : un assaut coordonné sur un camp militaire, visant à s’emparer d’armements et de véhicules, suivi d’un retrait rapide avant l’intervention de renforts aériens. Cette approche asymétrique, souvent exécutée par des unités mobiles à moto, est devenue la marque distinctive du Jnim dans le Sahel central. Les autorités maliennes, qui encadrent strictement la diffusion des informations sur les revers militaires, n’ont pas communiqué de bilan humain précis de cet événement.

La pression jihadiste redéfinit le panorama sécuritaire

Depuis le départ de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) fin 2023, puis celui des contingents français de l’opération Barkhane, la situation sécuritaire a connu une profonde mutation. Bamako s’appuie désormais sur ses propres capacités, renforcées par le soutien de l’Africa Corps russe, qui a pris le relais du groupe Wagner après le décès d’Evguéni Prigojine. Cette réorganisation n’a toutefois pas freiné l’avancée jihadiste, comme en attestent les attaques répétées contre les infrastructures militaires.

Le Jnim, dirigé depuis 2017 par le leader touareg Iyad Ag Ghali, regroupe diverses katibas issues d’Ansar Dine, du Front de libération du Macina et d’Al-Mourabitoune. Sa capacité à mener des actions simultanées au Mali, au Burkina Faso et au Niger en fait la menace principale pour les trois nations membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Concrètement, cette organisation s’efforce d’isoler les centres régionaux en multipliant les barrages routiers et en instaurant sa propre administration dans les zones qu’elle contrôle.

Un défi constant pour la transition malienne

Pour les autorités de transition, menées par le général Assimi Goïta, la fréquence de ces assauts représente un enjeu politique et militaire majeur. La légitimité du gouvernement actuel repose en grande partie sur son engagement à restaurer la souveraineté sécuritaire du pays. Cependant, les échecs successifs, notamment celui de Tinzaouatène en juillet 2024 face à une alliance de rebelles du Cadre stratégique permanent et de combattants du Jnim, soulèvent des questions quant à l’efficacité des dispositifs mis en place.

Les partenaires régionaux observent la conjoncture avec préoccupation. La Confédération des États du Sahel, officialisée en juillet 2024 entre Bamako, Ouagadougou et Niamey, visait à mutualiser les efforts de lutte antiterroriste. Néanmoins, la coordination opérationnelle reste limitée, chaque armée nationale étant confrontée à ses propres urgences. En outre, l’accès humanitaire se dégrade dans les zones sous domination jihadiste, où les organisations non gouvernementales rencontrent des difficultés croissantes à maintenir leurs opérations.

La répétition des attaques contre les camps militaires remet en question la stratégie de défense périmétrique adoptée par les FAMa. Le regroupement des troupes sur des sites fortifiés, censé réduire leur vulnérabilité, transforme ces positions en cibles privilégiées pour un adversaire capable de concentrer ses forces sur des objectifs précis. À moyen terme, la problématique du contrôle territorial et de la reconquête des zones délaissées deviendra une priorité grandissante pour les autorités de Bamako.