11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Liberté immédiate pour Moussa Tiangari au Niger après avis de l’ONU

Une mobilisation internationale exige la libération immédiate de Moussa Tiangari

Une organisation nigérienne de défense des droits humains et ses partenaires internationaux saluent l’avis rendu par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Ce document officiel, daté du 23 mars 2026 et publié le 23 juin de la même année, qualifie la détention de Moussa Tiangari comme arbitraire et appelle à sa libération sans délai. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains se joint à cette requête, exigeant des autorités nigériennes qu’elles respectent cet avis onusien.

Le défenseur nigérien, secrétaire général de l’organisation Alternative espaces citoyens (AEC), a été enlevé à son domicile de Niamey le 3 décembre 2024 avant d’être détenu au secret pendant 48 heures. Les craintes de torture et de mauvais traitements ont rapidement émergé. Le 5 décembre 2024, il était localisé dans les locaux du Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée (SCLCT/CTO) de Niamey, où il a été placé en garde à vue. Une inculpation formelle est intervenue le 3 janvier 2025 par le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey.

Un parcours marqué par la répression des voix dissidentes

L’arrestation de Moussa Tiangari survient alors qu’il revenait d’une réunion à Abuja, au Nigeria, où il participait au Conseil d’administration du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), partenaire de l’AEC. Quelques jours plus tôt, il s’était rendu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour assister à la conférence « Humanitarium Itinérant », organisée par le CICR à l’occasion du 75e anniversaire des Conventions de Genève. Un article publié par un journaliste proche des autorités l’accusait d’avoir tenu des discours nuisibles aux intérêts du Niger lors de cet événement. Par ailleurs, l’AEC avait organisé le même jour une conférence critiquant la déchéance de nationalité décidée par le régime militaire nigérien, réunissant des personnalités comme le procureur de la République et d’anciens ministres.

Dans son avis, le Groupe de travail des Nations unies juge que la détention de Moussa Tiangari est arbitraire car elle manque de fondement juridique, viole son droit à un procès équitable et repose sur des motifs discriminatoires liés à son engagement pour les droits humains. Le GTDA constate ainsi des violations des articles 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 19, 20 et 21 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que des articles 2, 9, 14, 16, 19, 21, 22, 25 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Des accusations graves et un contexte répressif

Moussa Tiangari est actuellement incarcéré à la prison de sécurité de Filingué, inculpé pour « apologie du terrorisme », « atteinte à la sûreté de l’État », « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État en intelligence avec des puissances ennemies ». Ces chefs d’accusation pourraient, en cas de condamnation, entraîner la peine de mort. Malgré la détention prolongée, les autorités nigériennes maintiennent sa privation de liberté, en contradiction avec les normes internationales.

Le 15 mai 2026, la chambre de contrôle du pôle spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme a rejeté sa demande de remise en liberté provisoire. Pourtant, l’article 615 de l’ordonnance n°2026-10 du 16 février 2026 limitait la durée maximale de la détention provisoire à douze mois renouvelables une fois en matière criminelle. Une modification rétroactive, intervenue le 26 juin 2026 via l’ordonnance n°2026-35, porte désormais cette durée à quatre ans renouvelables une fois. Les avocats de Moussa Tiangari dénoncent une instrumentalisation du code de procédure pénale visant à le maintenir en détention.

Un historique de harcèlement judiciaire

Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle pour Moussa Tiangari. Depuis des années, il fait l’objet d’un harcèlement judiciaire constant en raison de son engagement pacifique pour les droits humains. En 2015, il a été arbitrairement détenu pendant dix jours pour des accusations liées à des rapports publiés par l’AEC. En 2018, il a été arrêté à nouveau et détenu quatre mois pour son implication dans des manifestations pacifiques contre une loi de finances. En 2020, il a subi une détention arbitraire d’un mois et demi après une manifestation dénonçant des détournements de fonds dans l’achat de matériel militaire.

Son cas s’inscrit dans un contexte plus large de restriction de l’espace civique au Niger depuis le coup d’État du 27 juillet 2023. Les droits à la liberté d’expression, d’opinion, d’association, de réunion et de manifestation sont régulièrement violés, avec des arrestations arbitraires et des déchéances de nationalité ciblant les défenseurs des droits humains.

Des exigences claires pour les autorités nigériennes

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exige des autorités nigériennes qu’elles se conforment immédiatement à l’avis du Groupe de travail des Nations unies. Cela implique la libération sans conditions de Moussa Tiangari, l’abandon des charges qui pèsent contre lui, la reconnaissance de son droit à réparation, ainsi que la conduite d’une enquête indépendante sur les circonstances de sa détention arbitraire et les allégations de torture. Les responsables de ces actes doivent être identifiés et sanctionnés.

Il est également demandé au Niger de mettre fin à tout harcèlement, y compris judiciaire, envers Moussa Tiangari et l’ensemble des défenseurs des droits humains dans le pays. Les autorités doivent garantir en toutes circonstances le respect du droit à la liberté d’expression, conformément aux engagements internationaux du Niger, notamment l’Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’Article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.