21 juin 2026

Le Reveil Noir

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Libreville face au black-out : le système informatique de la SEEG totalement paralysé

Une crise énergétique provoquée par un bug numérique

Le réveil a été brutal pour les habitants de Libreville. Depuis les premières lueurs du 15 juin, une panne technique d’envergure frappe la SEEG, rendant impossible tout achat de recharges EDAN. En pleine période de fortes chaleurs, cette situation prive des milliers de foyers de l’usage essentiel des ventilateurs et des climatiseurs.

L’entreprise a fini par communiquer sur un « dysfonctionnement informatique » survenu au cœur de la nuit. Si des promesses de rétablissement circulent, aucun calendrier précis n’a été communiqué, laissant les usagers dans une incertitude totale. Dans le centre-ville, le siège de la SEEG est devenu le point de ralliement de citoyens en quête de solutions, mais les guichets restent désespérément inopérants.

Le désarroi des abonnés face à l’obscurité

« Nous manquons cruellement d’informations fiables », explique Eric Ovono, l’un des nombreux clients venus exprimer son mécontentement sur place. Le silence de l’opérateur alimente une exaspération qui gagne tous les quartiers de la capitale gabonaise.

Pour Jennifer Engouma, la situation devient critique. Après avoir tenté en vain de se procurer des unités dans les agences de proximité, elle s’est rendue à la direction générale, sans plus de succès. « Cela fait quatre jours que je n’ai plus d’électricité. Les nuits sont interminables avec la chaleur et l’invasion des moustiques », témoigne-t-elle avec lassitude.

Même constat alarmant chez Marceline, qui voit ses réserves alimentaires se dégrader. « La nourriture pourrit dans le congélateur. J’ai essayé de payer via Airtel Money, mais le système rejette la transaction avec un message d’erreur en anglais », s’insurge-t-elle. Cette barrière linguistique dans les messages d’erreur illustre, pour beaucoup, une perte de contrôle technologique de l’opérateur historique.

La fragilité des infrastructures à l’ère du tout-numérique

Cet incident met en lumière la vulnérabilité des systèmes de gestion de la SEEG. Alors que le passage aux compteurs intelligents et au paiement mobile était censé simplifier la vie des abonnés, une simple faille logicielle suffit aujourd’hui à plonger une métropole entière dans le noir.

Alors que l’obscurité s’installe à nouveau sur Libreville, l’amertume grandit. Derrière les écrans des serveurs, la bataille pour restaurer le service continue, mais la confiance des usagers, elle, semble durablement entamée par la fragilité d’un réseau électrique à la merci d’un bug informatique.