Au cœur de la ferveur qui entoure les Léopards de la République démocratique du Congo, un mot résonne plus fort que les autres : « Maîtrisable ». Si ce slogan est aujourd’hui scandé dans les stades par des milliers de supporters, il cache une réalité bien plus complexe, ancrée dans les méandres de la politique congolaise et les couloirs de la justice.
Un cri de ralliement entre sport et contestation
L’image a marqué les esprits en juin 2026 : le footballeur international Cédric Bakambu brandissant une pancarte affichant fièrement ce seul mot. Mais au-delà de l’exploit sportif, ce terme est devenu le symbole d’une époque marquée par des tensions de pouvoir. Il renvoie directement aux affrontements symboliques et judiciaires entre les partisans de l’actuel président Félix Tshisekedi et ceux de son prédécesseur, Joseph Kabila.
Le poids de la prison de Makala
Ce slogan n’est pas né par hasard. Il s’inscrit dans le contexte de procès politiques retentissants qui ont secoué la RD Congo. La prison de Makala, lieu emblématique de détention à Kinshasa, se trouve au centre de ces récits où la justice et la politique s’entremêlent. Dire que la situation est « maîtrisable » est devenu une manière ironique ou militante de commenter l’actualité africaine souveraine et les enjeux de pouvoir locaux.
En s’appropriant ce langage, la jeunesse congolaise et les figures publiques expriment une Afrique consciente de ses propres codes. Ce qui n’était qu’une expression de procédure ou de défense lors de procès est désormais une composante essentielle de l’identité populaire, illustrant un panafricanisme en pleine mutation où le sport sert de tribune aux revendications sociales.
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