Mali: la famine s’intensifie sous les blocus, Bamako exclut tout dialogue avec les groupes armés
Face à la communauté diplomatique présente au Mali, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a clairement exprimé la position du gouvernement. Il a réfuté toute possibilité de dialogue avec les groupes armés terroristes, qu’il juge responsables des souffrances endurées par les populations maliennes depuis des années. Cette déclaration intervient alors que des voix s’élèvent au sein de la classe politique locale pour appeler à des négociations.
La stratégie privilégiée par les autorités maliennes reste la confrontation armée directe. Dans cette optique, le Mali a récemment bénéficié de livraisons de matériel militaire russe, comme l’a rapporté notre correspondant régional, Serge Daniel. Ces acquisitions renforcent la capacité opérationnelle de l’armée malienne sur le terrain.
Au nord du pays, la reconquête de la ville de Kidal représente un objectif majeur pour le gouvernement. Après avoir temporairement reculé de deux localités dans cette région stratégique, les forces maliennes et les mercenaires russes ont consolidé leurs positions et renforcé leur présence à Aguelok, une autre ville clé de la région de Kidal.
Simultanément, dans le sud, les opérations militaires visent à rétablir la libre circulation sur les axes routiers, actuellement entravés par les jihadistes. Ces derniers imposent de nouveaux blocus, provoquant l’immobilisation de centaines de véhicules, passagers et marchandises à travers le pays ce samedi.
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Les populations maliennes face à une crise humanitaire sans précédent
La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante, notamment dans le centre du Mali, à Diafarabé, située dans la région de Mopti. Cette ville est soumise à un blocus rigoureux du Jnim depuis près d’un an, précisément depuis le 12 mai 2025.
L’appel à l’aide désespéré des habitants, lancé samedi dernier via une vidéo largement partagée, n’a pour l’heure pas reçu de réponse concrète de la part des autorités de transition, selon des témoignages recueillis. Le manque de produits de première nécessité et de vivres a atteint un niveau critique. La famine au Mali menace, les stocks de nourriture sont épuisés, l’accès aux médicaments est quasi inexistant et les soins sont insuffisants pour une population fragilisée par ce long blocus. Entre l’isolement, la peur et la pénurie, le désespoir s’installe, comme le confirme un résident joint par téléphone :
« Personne ne peut entrer, personne ne peut sortir. Le blocus est absolu. Tout ce que nous avions comme provisions ici est épuisé. La famine nous guette. Nous avons discuté avec les responsables du détachement militaire. Ils nous ont promis un convoi de vivres prochainement, mais nous attendons toujours. Cette discussion a eu lieu après une manifestation des jeunes et des femmes. C’est un désespoir total ! Il n’y a plus rien ! Autrefois, pendant la saison des crues, nous réussissions à faire passer des vivres par voie fluviale, petit à petit, malgré les risques. J’ai moi-même été blessé par balle lors d’une de ces tentatives, mon bras a été fracturé. Aujourd’hui, ça va mieux. Mais ici, c’est la survie pure et simple. Notre unique souhait, c’est d’avoir à manger. C’est tout ce que nous demandons pour l’instant. »
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