11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Mali : la justice musèle les voix critiques, Ras Bath et Rose « la vie chère » condamnés

La justice malienne a de nouveau frappé avec sévérité. Mohamed Youssouf Bathily, plus largement connu sous le pseudonyme de Ras Bath, et l’influenceuse Rokia Doumbia, alias Rose « la vie chère », se sont vus infliger une peine de dix ans de réclusion par un tribunal de Bamako. Cette sentence inclut trois ans avec sursis, ce qui se traduit par sept années d’emprisonnement ferme.

Accusés d’« association de malfaiteurs » et d’« atteinte au crédit de l’État », le chroniqueur radiophonique et la militante dévouée à la lutte contre le coût de la vie paient un lourd tribut pour leurs critiques récurrentes envers les autorités de transition maliennes, actuellement sous la direction du général Assimi Goïta.

La répression des voix dissidentes s’intensifie au Mali

Loin d’être un incident isolé, cette double condamnation s’inscrit dans un schéma de répression systématique au Mali. Dans ce contexte, toute expression divergente est inéluctablement confrontée à l’incarcération :

Les figures politiques et intellectuelles ciblées

  • L’économiste Étienne Fakaba Sissoko, autrefois conseiller présidentiel, purge lui aussi une peine de prison ferme. Son tort ? La publication d’un ouvrage analysant de manière critique la gestion de la transition au Mali.
  • Avant lui, l’ancien ministre de la Justice, Malick Coulibaly, ainsi que plusieurs leaders de partis d’opposition, ont été confrontés à des poursuites judiciaires ou des détentions considérées comme arbitraires.

La société civile et les activistes sous pression

  • Clément Dembélé, une figure emblématique de la lutte anticorruption au Mali, a été détenu après avoir osé remettre en question les orientations stratégiques du pouvoir en place.
  • De nombreux autres activistes des réseaux sociaux ont vu leurs plateformes fermées ou leurs libertés entravées pour de simples publications concernant la situation sécuritaire ou économique du Mali.

Une presse bâillonnée et des médias bannis

  • Les journalistes locaux œuvrant au Mali sont confrontés à des menaces permanentes d’interpellation ou de suspension d’antenne.
  • Parallèlement, plusieurs grands médias internationaux demeurent interdits d’accès sur le territoire malien, illustrant un contrôle accru sur l’information.

L’instrumentalisation de la justice pour étouffer le débat

Pour le collectif d’avocats représentant Ras Bath et Rose « la vie chère », ce verdict est une confirmation flagrante de l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire au Mali, visant à étouffer toute forme de débat citoyen. Alors que la défense a immédiatement annoncé son intention de se pourvoir en Cour suprême, le constat demeure particulièrement alarmant : dans cette actualité africaine souveraine, remettre en question le coût de la vie ou la gouvernance militaire est désormais perçu comme un crime d’État. Cette situation interpelle l’Afrique consciente sur l’état de la liberté d’expression.