31 mai 2026

Le Reveil Noir

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Mali : les autorités face à leur devoir de protection des droits humains

Mali : les autorités face à leur devoir de protection des droits humains

Mali

Disparitions forcées, enlèvements et discours incendiaires : au Mali, la répression des voix dissidentes atteint un niveau alarmant. Les autorités sont sommées de faire respecter les droits fondamentaux et la Constitution.

Bamako, mai 2026. Depuis les attaques des 25 et 26 avril, le Mali sombre dans une spirale de violence institutionnalisée. Trois figures politiques majeures — Me Mountaga Tall, Moussa Djiré (Abba) et Youssouf Daba Diawara — ont été enlevées entre le 2 et le 5 mai par des individus armés circulant dans des véhicules sans plaques. Aujourd’hui encore, leur sort reste un mystère.

Les méthodes utilisées évoquent celles attribuées à l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), déjà impliquée dans des affaires similaires depuis 2021. Pourtant, aucune enquête n’a été ouverte par la justice malienne, malgré l’urgence de la situation.

« Ces disparitions forcées illustrent l’escalade de la répression contre les opposants au Mali. Les autorités doivent impérativement localiser les personnes disparues, assurer leur sécurité et lancer des investigations indépendantes », a alerté Me Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH. « Les mesures antiterroristes ne peuvent servir de prétexte à l’effacement de l’état de droit. »

Une montée inquiétante des discours de haine

La FIDH alerte sur la prolifération des appels à la violence et des campagnes de dénigrement en ligne, portés par des militants proches du pouvoir. Des défenseurs des droits humains en exil, des journalistes et leurs familles subissent intimidations, menaces de mort et pressions systémiques, parfois jusqu’à la demande de déchéance de nationalité.

Lors des obsèques du général Sadio Camara, ministre de la Défense tué lors des attaques d’avril, un membre du Conseil national de transition (CNT) a publiquement appelé à « éliminer » et à « retirer la nationalité » aux opposants exilés. Malgré un communiqué du procureur condamnant ces propos, aucune action judiciaire n’a été engagée.

Crise sécuritaire et violations des droits : un cercle vicieux

Les attaques des 25 et 26 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont fait des victimes civiles et militaires. La FIDH dénonce avec la même fermeté les exactions commises par ces groupes, notamment les attaques meurtrières contre les populations de Kori-kori et Gomossogou (Bandiagara) le 6 mai.

L’organisation appelle toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire. Elle insiste également sur la nécessité d’une intervention renforcée de la communauté internationale pour briser le cycle de violence au Sahel et protéger les civils piégés entre groupes armés et forces de sécurité.

La FIDH exige des autorités maliennes qu’elles mettent fin sans délai aux disparitions forcées, aux détentions arbitraires et aux intimidations envers les dissidents. Elle réclame par ailleurs l’ouverture d’enquêtes transparentes sur les appels à la violence et les menaces proférées en ligne.