15 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Rdc : renforcement de la collaboration entre le gouvernement et le cicr pour les détenus

RDC : le gouvernement et le CICR renforcent leur collaboration au service des détenus et de l’action humanitaire

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) ont officialisé ce mardi 14 juillet 2026 un accord visant à intensifier leur partenariat en faveur de l’amélioration des conditions de détention et du renforcement de l’action humanitaire sur l’ensemble du territoire, avec une attention particulière pour les provinces de l’Est du pays.

Une rencontre historique entre le CICR et les autorités congolaises

Cette collaboration a été actée lors d’un entretien entre François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC, et Guillaume Ngefa Atondoko Andali, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Ce rendez-vous, à la fois bilan et projection, a permis de dresser un état des lieux des avancées réalisées et d’identifier les axes prioritaires pour les années à venir.

François Moreillon a salué la qualité du dialogue et la coordination étroite entre les deux parties, soulignant que leur collaboration a permis de progresser significativement sur des enjeux cruciaux comme l’alimentation des détenus, le financement des prisons et l’amélioration des garanties judiciaires.

« Mon passage au ministère de la Justice visait d’abord à exprimer ma gratitude pour la collaboration exceptionnelle que nous avons entretenue ces dernières années. Après plus de trois ans à la tête de la délégation du CICR en RDC, cette rencontre était aussi l’occasion de tirer les leçons de notre travail commun et de tracer les contours d’un partenariat encore plus ambitieux. Nous nous concentrons particulièrement sur l’Est du pays, où les besoins humanitaires restent criants. Nos échanges ont porté sur des sujets comme le financement des établissements pénitentiaires, la qualité de l’alimentation des détenus et bien d’autres défis partagés avec le ministère. Notre relation, marquée par une confiance mutuelle et une efficacité reconnues, doit servir de levier pour des solutions durables. »

Des défis majeurs au cœur des discussions

Les deux institutions ont passé en revue les principaux obstacles auxquels font face les prisons congolaises, notamment :

  • Le financement insuffisant des établissements pénitentiaires, qui limite leur capacité à offrir des conditions dignes aux détenus ;
  • L’alimentation des prisonniers, souvent insuffisante et de mauvaise qualité ;
  • La prise en charge médicale et psychologique des détenus, souvent négligée ;
  • Le respect des garanties judiciaires, un enjeu crucial pour la justice transitionnelle.

François Moreillon a réaffirmé l’engagement du CICR à accompagner le gouvernement congolais dans la recherche de solutions pérennes, en insistant sur la nécessité de maintenir cette dynamique pour le bien des populations les plus vulnérables.

Un bilan positif après trois ans de mission

À l’issue de son mandat en RDC, François Moreillon a dressé un bilan largement positif de la coopération entre le CICR et les autorités congolaises. Il a exprimé sa satisfaction quant aux progrès accomplis, tout en appelant à renforcer les efforts pour répondre aux défis persistants.

« Je quitte la RDC avec un sentiment de profonde satisfaction. Je tiens à adresser un message de résilience et de soutien aux populations congolaises, qui subissent depuis des décennies les conséquences des crises, notamment dans l’Est du pays. Notre partenariat avec le ministère de la Justice a pris une nouvelle dimension ces derniers mois. Nous avons des ambitions communes qui, je l’espère, permettront d’apporter des réponses durables aux difficultés rencontrées par les personnes détenues et de mieux garantir leurs droits fondamentaux. »

Le CICR, présent en RDC depuis 1978, joue un rôle clé dans l’accompagnement des populations affectées par les conflits armés et les violences. Son action s’inscrit dans le respect du droit international humanitaire et vise à promouvoir une meilleure intégration de ces normes dans le cadre juridique national.

Des interventions humanitaires déterminantes dans l’Est de la RDC

Dans le cadre de son mandat d’intermédiaire neutre, le CICR intervient régulièrement pour faciliter la libération et le transfert de personnes détenues entre les parties au conflit. Entre le 30 avril et le 15 mai 2025, l’organisation a notamment contribué au transfert de plus de 1 300 personnes désarmées, issues des forces gouvernementales congolaises, ainsi que de leurs familles, de Goma à Kinshasa.

Cette opération humanitaire, couvrant près de 2 000 kilomètres et traversant une zone de front, a été menée à la demande conjointe du ministère de la Défense et des Anciens Combattants de la RDC, de la MONUSCO et de l’AFC/M23. Le CICR, en tant qu’acteur neutre et impartial, a joué un rôle central dans la facilitation de cet échange humanitaire.

Une collaboration qui se poursuit pour l’avenir

À l’issue de cette rencontre, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration au service des populations congolaises. Le CICR a renouvelé son soutien aux victimes des crises dans l’Est de la RDC et appelé à maintenir les efforts conjoints pour protéger leur dignité, garantir le respect du droit international humanitaire et améliorer les conditions de vie des détenus.

Cette alliance entre le gouvernement de la RDC et le CICR s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la résilience des populations et à offrir un avenir plus stable aux communautés affectées par les conflits.

Photo d’illustration