30 juin 2026

Le Reveil Noir

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Mali : les fama et africa corps accusés d’exactions aux côtés des jihadistes

Une investigation approfondie de l’ONG Human Rights Watch dévoile l’ampleur des violences au Mali après le basculement militaire du 25 avril. Les Forces armées maliennes (FAMa), leurs partenaires russes d’Africa Corps et les groupes jihadistes s’engagent dans une compétition destructrice, visant directement les civils par une guerre économique qui exacerbe leur vulnérabilité.

L’engrenage de la violence après la chute de Kidal

Le printemps 2026 a constitué un tournant décisif dans la crise malienne. Le 25 avril, une offensive conjointe du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et des séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) a abouti à la capture de Kidal et à la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara. En réaction, Bamako a ordonné une contre-offensive massive. Les FAMa, renforcées par les conseillers russes d’Africa Corps, ont lancé des opérations de haute intensité. Les bilans officiels restent secrets, mais les investigations de HRW révèlent au moins 13 civils tués et 25 blessés lors des premiers combats à Gao et Kidal.

La guerre du carburant : l’économie comme cible

Le Jnim a opté pour une stratégie de terrorisme économique afin de contraindre le gouvernement. Ses réseaux affiliés à Al-Qaïda imposent des blocus routiers sévères, ciblant les transports civils. Du 6 au 21 mai, plus de 40 véhicules commerciaux en direction de Bamako ont été brûlés. De plus, les camions-citernes sont systématiquement attaqués depuis septembre 2025, causant la mort de conducteurs et perturbant la distribution. Cette asphyxie logistique prive de vastes zones d’électricité et de carburant, forçant la fermeture d’écoles et paralysant les marchés. Les insurgés terrorisent également par des actes exemplaires : à Tonka, près de Tombouctou, un habitant a été exécuté publiquement pour décourager toute opposition.

  • Tactique du Jnim : blocus des axes routiers entraînant pénuries d’énergie et inflation
  • Riposte FAMa/Africa Corps : raids de drones aveugles provoquant déplacement et pertes civiles

Les civils pris pour cibles par l’alliance Bamako-Moscou

Parallèlement, les opérations des FAMa et d’Africa Corps infligent de lourdes pertes civiles. HRW documente des amalgames systématiques ciblant les communautés peules lors des missions de sécurisation dans le centre du pays. Rien qu’entre le 14 et le 17 mai, 38 civils ont été tués lors d’incursions terrestres, dont 23 enfants. Les frappes de drones modernes ajoutent à ce bilan : à Guimbé le 25 avril, un bombardement a tué 12 enfants et adolescents ; à Téné le 17 mai, une attaque a frappé une cérémonie de mariage, faisant 10 morts.

Justifications et absence de dialogue

Questionné sur ses cibles et le blocus, le commandement du Jnim a répondu aux enquêteurs, arguant que les civils visés ne se pliaient pas à ses décrets. En revanche, le ministère malien de la Justice a ignoré les demandes d’éclaircissement de l’ONG.

L’appel à une enquête internationale

Ces violations du droit international humanitaire, qui interdit les attaques contre les civils, souffrent d’une impunité chronique. Ilaria Allegrozzi, spécialiste du Sahel à Human Rights Watch, souligne que ce manque de redevabilité est le carburant de la tragédie malienne. Depuis le départ de la mission onusienne, le Mali est privé de surveillance. L’ONG appelle l’Union africaine et l’ONU à organiser d’urgence une mission d’établissement des faits pour rassembler des preuves en vue de futures poursuites.