manifestation à Bamako contre la dissolution des partis politiques au Mali
Plusieurs centaines de citoyens maliens se sont rassemblés ce samedi 3 mai à Bamako pour exprimer leur opposition à une éventuelle dissolution des partis politiques. Cette mobilisation, qui s’est tenue au Palais de la culture, marque l’une des rares contestations publiques depuis le début du régime militaire dirigé par le général Assimi Goïta. Les manifestants ont scandé des slogans en faveur de la démocratie et contre l’autoritarisme, dans un contexte où les incertitudes sur l’avenir politique du pays s’intensifient.
Une mobilisation rare face à la montée des tensions politiques
Les participants, réunis sous l’égide d’une coalition de partis politiques, ont brandi des pancartes et des drapeaux pour réclamer le respect des libertés fondamentales et l’organisation d’élections. Cette manifestation, encadrée par les forces de sécurité sans incident, a également trouvé un large écho sur les réseaux sociaux, témoignant de la préoccupation croissante de la population face aux décisions controversées du régime.
Des mesures jugées liberticides par l’opposition
Quelques jours avant la protestation, le mercredi 30 avril, les autorités maliennes ont abrogé la loi encadrant le fonctionnement des partis politiques. Cette initiative, perçue comme un prélude à leur dissolution, s’inscrit dans une série de mesures restrictives. Les recommandations issues d’une concertation organisée par la junte — et largement boycottée par l’opposition — vont encore plus loin : elles préconisent la suppression pure et simple des partis politiques et la nomination du général Goïta à la tête de l’État pour une durée de cinq ans, renouvelable sans élection.
La décision finale revient désormais au général Assimi Goïta, qui dirige le Mali depuis les coups d’État de 2020 et 2021.
Un régime militaire sous le feu des critiques
Cette manifestation illustre le mécontentement de la population face à la dégradation des droits démocratiques au Mali. Depuis 2021, les autorités ont multiplié les actions répressives : poursuites contre l’opposition, dissolution d’organisations civiles et restrictions de la presse. Pourtant, la Constitution de 1992, comme la nouvelle Loi fondamentale de 2023, garantit le multipartisme, la liberté d’expression et d’association.
Le Mali, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, a quitté la Cédéao qu’il accuse de proximité avec la France, et a formé avec ces pays l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance renforce le bloc des régimes militaires en Afrique de l’Ouest, dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes.
Le Mali face à ses défis politiques et sécuritaires
La situation au Mali reste particulièrement complexe, avec une crise sécuritaire persistante et des tensions politiques exacerbées. Les décisions récentes de la junte, perçues comme des menaces pour la démocratie, suscitent des inquiétudes tant au niveau national qu’international. Les manifestants de Bamako ont ainsi réaffirmé leur attachement aux valeurs démocratiques, malgré un environnement de plus en plus contraignant.
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