11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Marché de Médine à Bamako : l’artisanat et le commerce en plein essor malgré les défis

Un lieu incontournable pour l’équipement et l’innovation

À Bamako, le marché de Médine s’impose comme un pôle dynamique où se croisent vente, réparation et fabrication locale. Les commerçants y proposent bien plus que des produits standardisés : ils offrent des solutions sur mesure adaptées aux besoins des habitants.

Des vélos importés aux accessoires agricoles : une offre diversifiée

Adama Konaté, installé depuis 27 ans dans ce secteur, illustre cette polyvalence. Spécialisé à l’origine dans la réparation et l’assemblage de bicyclettes made in France, États-Unis, Angleterre, Canada ou Chine, il a diversifié son activité. Aujourd’hui, son étal regorge d’accessoires pour véhicules et d’équipements agricoles, souvent introuvables ailleurs dans la capitale malienne.

Sur la place « Diguèbakonona », les clients peuvent ainsi se procurer des outils essentiels pour l’agriculture, comme des charrues ou des dabas, avant la saison des pluies. « Les paysans viennent en nombre pour s’équiper, même si l’acheminement reste compliqué dans certaines zones », explique un vendeur d’équipements agricoles.

L’artisanat local au service des ménages

À ses côtés, Drissa Traoré incarne l’esprit entrepreneurial du marché. Artisan polyvalent, il fabrique sur place des fourneaux, des coffrets de mariage, des fours et des broyeurs d’arachide. Depuis son arrivée il y a un an dans le nouveau marché, ses revenus ont progressé. « Je remercie Dieu pour cette amélioration. Les prix varient selon les modèles, mais la demande est constante », confie-t-il.

Il n’hésite pas à encourager les jeunes à s’investir avec rigueur : « La discipline est la clé pour réussir dans ce métier ».

Les défis de l’insécurité et de la baisse du pouvoir d’achat

Malgré un essor remarquable, le secteur fait face à des obstacles majeurs. L’insécurité entrave la logistique, notamment pour acheminer les équipements vers les zones rurales. Fousseyni Sangaré, vendeur d’outils agricoles, témoigne de ces difficultés : « Les équipements viennent principalement de Koutiala, mais les livraisons sont ralenties par les tensions. Mes clients restent fidèles, même si leur pouvoir d’achat a diminué ».

Quant aux bicyclettes, elles connaissent un regain d’intérêt depuis la crise des hydrocarbures. Adama Konaté note une augmentation de la fréquentation : « Les prix varient selon les caractéristiques, mais l’engouement est réel. Le marché de Médine est devenu un lieu où tout se fabrique et tout se vend, malgré les aléas ».