L’ambassadeur français en RDC réaffirme l’engagement de Paris pour la stabilité et la paix
- Politique internationale
À l’occasion de la fête nationale de la France, l’ambassadeur Rémi Maréchaux a marqué l’événement par un discours solennel à Kinshasa, insistant sur trois axes majeurs : la consolidation des initiatives de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, le renforcement des liens bilatéraux entre la France et la RDC, et la promotion d’un multilatéralisme inclusif au sein des Nations unies.
Lors de cette allocution, tenue en présence d’une assemblée composée de diplomates, d’officiels congolais et de partenaires internationaux, l’ambassadeur Maréchaux a rappelé que la célébration du 14 juillet ne commémore pas uniquement l’histoire française, mais incarne avant tout les valeurs universelles de liberté, égalité, fraternité — des principes qui guident également l’action diplomatique de Paris en Afrique centrale.
La France et l’ONU : un engagement ferme pour mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC
Face à la persistance des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les combats opposent forces gouvernementales, groupes armés et acteurs externes, l’ambassadeur français a détaillé les actions menées par la France au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a notamment évoqué la résolution 2773, adoptée à l’unanimité, qui fixe un cadre clair pour un règlement durable du conflit : cessation immédiate des hostilités par le M23, retrait total des troupes rwandaises du territoire congolais, et démantèlement des administrations parallèles illégitimes.
« La France a joué un rôle central dans l’adoption de cette résolution, qui marque une étape décisive vers la paix. Le M23 doit respecter ses engagements, tout comme le Rwanda doit mettre un terme à son soutien militaire. Ces mesures sont non négociables pour rétablir la stabilité dans la région », a-t-il déclaré.
Le diplomate a également souligné l’importance de deux autres textes adoptés par le Conseil : la résolution 2808, qui prolonge le mandat de la MONUSCO d’une année, et la résolution 2825 (2026), qui reconduit jusqu’en 2027 le régime de sanctions contre les groupes armés opérant en RDC. Ce dernier texte renforce également le mandat du Groupe d’experts chargé de documenter les violations et d’enquêter sur les flux financiers illicites liés aux conflits.
« Ces résolutions ne sont pas de simples déclarations. Elles permettent à la MONUSCO d’accompagner la mise en œuvre de l’accord de Washington et de maintenir une pression internationale sur les acteurs qui sapent la paix », a expliqué Maréchaux.
Coopération bilatérale : renforcer les capacités sécuritaires de la RDC
Au-delà des mécanismes multilatéraux, l’ambassadeur a mis en avant les actions concrètes menées par la France pour soutenir Kinshasa. Il a notamment évoqué la régénération de deux bataillons des Forces armées de la RDC (FARDC) : un premier à Kisangani en mars 2026, et un second prévu pour octobre de la même année. Ces missions, conduites par des instructeurs français, visent à renforcer l’autorité de l’État et la capacité opérationnelle des forces congolaises.
« La formation des troupes congolaises est un pilier de notre coopération. Ces bataillons, désormais opérationnels, contribuent à restaurer la sécurité dans des zones longtemps contrôlées par des groupes armés. C’est un pas concret vers la stabilité », a-t-il ajouté.
Le retour de la RDC sur la scène internationale : un symbole fort
Maréchaux a salué le rôle croissant de la RDC sur la scène internationale, soulignant que son retour au Conseil de sécurité de l’ONU — qu’elle préside ce mois-ci — ainsi que sa présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et sa candidature à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie avec Juliana Lumumba, constituent des atouts majeurs pour le pays.
« Ces responsabilités reflètent la confiance que la communauté internationale accorde à la RDC. Elles interviennent à un moment où le pays est reconnu pour son potentiel économique, notamment dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. La RDC n’est plus un acteur passif, mais un partenaire incontournable », a-t-il affirmé.
Le diplomate a également rappelé que la France défend un multilatéralisme inclusif, intégrant davantage l’Afrique dans la gouvernance mondiale. « Face à un ordre international de plus en plus marqué par les rapports de force, le multilatéralisme reste la meilleure réponse pour garantir la paix et la justice. La France est convaincue que l’Afrique doit occuper une place centrale dans ce système », a-t-il conclu.
Contexte diplomatique : entre avancées et défis persistants
Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs initiatives diplomatiques tentent d’apporter une solution au conflit à l’Est de la RDC. L’accord de paix de Washington, signé sous médiation américaine en 2026, prévoit un retrait progressif des forces rwandaises, la neutralisation des groupes armés comme les FDLR, et des mesures de désescalade. Pourtant, sur le terrain, la situation reste volatile : le M23 conserve le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu, tandis que les combats continuent de faire rage.
De même, le processus de Doha, facilité par le Qatar, peine à aboutir malgré les efforts de médiation entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23. Les accusations de soutien rwandais au groupe armé persistent, alimentant les tensions régionales.
En conclusion, l’ambassadeur Maréchaux a réaffirmé que la France maintient une position ferme : aucune solution durable ne peut être trouvée sans le respect de la souveraineté de la RDC et de son intégrité territoriale. « La diplomatie doit prévaloir, mais elle doit s’accompagner d’actions concrètes sur le terrain. C’est dans cet esprit que la France poursuivra son engagement aux côtés de la RDC », a-t-il souligné.
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