26 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Maroc : croissance économique record, mais pouvoir d’achat des ménages en berne

Maroc : l’économie marocaine en pleine expansion, mais les ménages peinent à suivre

Le Maroc affiche une croissance économique remarquable en 2025, avec un taux de progression du PIB de 4,9 %. Pourtant, cette performance masque une réalité contrastée : alors que les investissements explosent, le pouvoir d’achat des ménages reste à la traîne, avec une hausse anémique de seulement 1,2 %.

des investissements records, mais une consommation atone

L’économie marocaine repose désormais sur des bases solides, portées par un boom des investissements. En 2025, ceux-ci ont bondi de 16,3 %, après une année 2024 déjà marquée par une hausse de 14 %. Cette dynamique s’explique principalement par les méga-projets d’infrastructure, notamment ceux liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030. Le secteur de la construction, en particulier, a enregistré une croissance de 6,7 %, illustrant l’ampleur des travaux en cours.

Les investissements privés, après une période de léthargie post-pandémie, montrent des signes de reprise. Depuis 2020, les dépenses publiques et les investissements ont systématiquement dépassé la croissance du PIB nominal, confirmant la priorité accordée aux infrastructures et aux services collectifs.

Les dépenses des administrations publiques, quant à elles, ont progressé de 5,1 % en 2025. Cette augmentation reflète l’engagement accru dans la protection sociale, la revalorisation des salaires des fonctionnaires et le renforcement des services publics, éléments clés d’une politique économique volontariste.

le pouvoir d’achat des marocains en difficulté

Malgré une inflation maîtrisée à 0,8 % et une timide amélioration de la confiance des ménages, la consommation privée peine à décoller. Après un rebond à 4,7 % en 2023, sa croissance s’est effritée à 3 % en 2024, puis à un maigre 1,2 % en 2025. Les ménages marocains, bien que moins endettés qu’avant, ne bénéficient pas encore pleinement des retombées de la croissance.

Cette situation révèle une économie encore largement dépendante des commandes publiques et des grands chantiers. Les effets d’entraînement sur l’emploi et les revenus des ménages restent limités, retardant ainsi l’amélioration du niveau de vie de la population. Le décalage entre la croissance économique globale et la consommation des ménages souligne les défis persistants en matière de redistribution des richesses.

vers un rééquilibrage progressif ?

La Banque mondiale anticipe un ajustement progressif de la situation. Une fois les grands projets d’infrastructure achevés, les ressources pourront être réorientées vers des secteurs plus directement bénéfiques aux citoyens. Avec la poursuite de la baisse de l’inflation et une reprise attendue des revenus réels, la consommation privée pourrait enfin se redresser, avec une croissance projetée de 4,8 % d’ici 2028.

En attendant, le Maroc continue de tracer sa voie entre ambition économique et nécessité sociale. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer si cette croissance exceptionnelle se traduira enfin par une prospérité partagée.