11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Maroc : pas de renoncement aux revendications sur ceuta malgré les tensions migratoires

Le Maroc maintient ses revendications sur Ceuta : une crise migratoire sous tension

Vue aérienne de Ceuta, ville espagnole en Afrique du Nord

L’afflux massif de plus de 72 000 migrants vers Ceuta fin juillet a ravivé les tensions entre le Maroc et l’Espagne, mettant en lumière un différend territorial vieux de plusieurs décennies. Selon Jorge Dezcallar, ancien ambassadeur espagnol au Maroc et ex-directeur des services de renseignement espagnols, ces revendications marocaines sur Ceuta et Melilla n’ont jamais faibli.

Pour l’ex-diplomate, cet épisode migratoire s’inscrit dans un contexte où Rabat « tâte le terrain », profitant d’un gouvernement espagnol affaibli par des scandales et des divisions internes. Ces dernières années, les relations entre les deux pays ont oscillé entre coopérations stratégiques et crises diplomatiques, notamment après l’hospitalisation controversée d’un leader sahraoui en 2021, qui avait provoqué un afflux de migrants vers Ceuta.

Des revendications historiques et persistantes

Les autorités marocaines, soutenues par des médias proches de la monarchie, réaffirment régulièrement leur souveraineté sur Ceuta et Melilla, des villes espagnoles depuis des siècles. Abdellatif Ouahbi, ministre marocain de la Justice, a réitéré cette position : « Cette question reste d’actualité. Chaque rencontre avec les Espagnols inclut cette revendication ». Il a souligné la fermeté du Maroc : « Nous restons attachés à nos territoires. Ce sera résolu par la négociation et la patience ».

En réponse, Margarita Robles, ministre espagnole de la Défense, a réaffirmé sans ambiguïté : « Ceuta et Melilla sont espagnoles, et cela ne changera pas ». Pourtant, l’Espagne semble marcher sur des œufs : le roi Felipe VI n’a jamais visité ces enclaves, et il a fallu attendre 2026 pour qu’un ministre des Affaires étrangères s’y rende, une décision perçue comme une tentative d’apaisement envers Rabat.

Crise migratoire et tensions diplomatiques

Madrid et Rabat attribuent l’afflux de migrants à l’arrêt d’une cour espagnole interdisant les renvois immédiats en mer. Cependant, Dezcallar évoque une « permissivité ou négligence des autorités marocaines », soulignant l’impact des tensions politiques sur la gestion des flux migratoires. Il met en garde : l’Espagne manque de moyens pour endiguer ces arrivées, qui pourraient se reproduire.

Un précédent en 2021 avait déjà illustré la vulnérabilité de Ceuta : après l’hospitalisation du dirigeant sahraoui Brahim Ghali, Rabat avait orchestré l’arrivée de près de 10 000 migrants en représailles. « On peut pardonner une erreur, mais pas deux », a commenté l’ex-ambassadeur, rappelant les alertes des autorités locales sur l’augmentation des traversées irrégulières avant la crise.

Les services de renseignement ont même prévenu d’un risque d’afflux le 15 août, avec des appels à « prendre d’assaut » Ceuta relayés sur les réseaux sociaux. Les syndicats policiers ont confirmé cette menace, renforçant les craintes d’une répétition des événements de juillet.

Coopération stratégique malgré les divergences

Malgré ces tensions, l’Espagne et le Maroc restent liés par des intérêts communs majeurs : commerce, lutte contre le terrorisme et sécurité régionale. Dezcallar résume cette relation complexe : « Les échanges entre les deux pays sont plus passionnés que rationnels, avec des hauts et des bas constants ». Une réalité qui souligne l’importance de trouver un équilibre entre fermeté et diplomatie.

Une chose est sûre : tant que le Maroc n’abandonnera pas ses revendications sur Ceuta et Melilla, les frictions persisteront, et les crises migratoires pourraient devenir un levier de pression récurrent.