Un siège moderne pour renforcer la lutte contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest
Abidjan, Deux-Plateaux – La Côte d’Ivoire franchit une étape décisive dans sa lutte contre la criminalité financière. Ce mercredi, Adama Coulibaly, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a officiellement inauguré et remis les clés du nouveau siège du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) à Abidjan. Un bâtiment entièrement rénové et équipé, conçu pour servir de plateforme d’échange et d’expertise régionale.
« Aujourd’hui, nous posons les fondations d’une coopération renforcée contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », a déclaré le ministre, soulignant l’engagement de l’État ivoirien à soutenir les initiatives du GIABA. « Ces locaux symbolisent la volonté collective de sécuriser les systèmes financiers et de tarir les circuits illicites qui alimentent la criminalité transnationale. »
Un accord historique pour une mission régionale
La création de ce siège s’inscrit dans une dynamique régionale initiée il y a plus d’une décennie. Dès 2010, la CEDEAO avait acté, lors de sa 65e session à Abuja, la mise en place de deux centres dédiés à la lutte contre le blanchiment : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les francophones et lusophones. Un engagement concrétisé en 2014 par la signature d’un accord de siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, en marge du sommet de Yamoussoukro.
« Ce projet illustre la pertinence des mécanismes africains pour répondre aux défis financiers globaux », a rappelé le Directeur général du GIABA, Edwin Harris Junior. « La confiance placée en notre organisation par les autorités ivoiriennes et la CEDEAO renforce notre capacité à agir efficacement contre les flux illicites qui minent notre continent. »
Des résultats concrets et une dynamique collective
Le ministre Adama Coulibaly a salué les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans la mise en œuvre de son plan d’action contre le blanchiment, adopté en 2024. Grâce à l’appui du GIABA, le pays a su anticiper les exigences du Groupe d’Action Financière (GAFI), démontrant ainsi sa capacité à relever des défis complexes en matière de transparence financière.
Le Général Idrissa Touré, président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), a quant à lui mis en avant le rôle central de ce nouveau siège : « Ce centre va impulser une dynamique inédite de coopération, de formation et de sensibilisation. Il deviendra un outil clé pour les États francophones et lusophones, favorisant l’échange de bonnes pratiques et le renforcement des capacités institutionnelles. »
Une cérémonie sous le signe de la synergie interinstitutionnelle
L’inauguration a réuni les principaux acteurs engagés dans la lutte contre la criminalité financière : ministères ivoiriens des Affaires étrangères, de la Justice et du Plan, ambassadeurs, ainsi que des représentants d’organisations internationales comme le PNUD et l’Unicef. Une mobilisation qui reflète l’importance stratégique de cette initiative pour la stabilité économique et sécuritaire de la région.
Alors que les défis liés aux flux financiers illicites persistent, ce nouveau siège du GIABA à Abidjan marque une avancée significative. Il incarne l’engagement des pays africains à construire des systèmes financiers robustes, transparents et résilients, capables de contrer les menaces qui pèsent sur leur développement.
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