24 juin 2026

Le Reveil Noir

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Niger : trois ans après l’alliance russe, l’insécurité persiste malgré les promesses

Trois années après avoir opéré un revirement stratégique en se rapprochant militairement de la Russie à la suite du coup d’État de juillet 2023, le Niger peine toujours à stabiliser son territoire. Les autorités de transition avaient alors justifié cette orientation par la nécessité impérieuse de restaurer la sécurité nationale, mais les violences d’inspiration jihadiste n’ont cessé de s’intensifier, infligeant des pertes humaines toujours plus lourdes aux Forces de défense et de sécurité.

Une escalade meurtrière des attaques

Les dernières semaines ont été marquées par une série d’assauts coordonnés contre plusieurs bases militaires nigériennes. Selon des bilans encore provisoires, ces attaques ont coûté la vie à au moins deux cent soixante-cinq soldats en seulement trois jours. Ces événements figurent parmi les plus meurtriers jamais enregistrés ces dernières années sur le sol nigérien.

L’arrivée d’instructeurs militaires russes et le retrait progressif des partenaires occidentaux n’ont, à ce jour, pas permis d’inverser durablement la tendance. Bien au contraire, les observateurs constatent une aggravation notable des violences depuis 2023, malgré les engagements pris par les nouvelles autorités.

Des chiffres alarmants

Les données compilées par le projet ACLED révèlent que, dès 2023, le Niger avait déjà recensé environ deux cent vingt-cinq attaques, un chiffre comparable à celui de l’année précédente. Toutefois, cette stabilité apparente masque une hausse préoccupante du nombre de victimes : les décès liés aux violences ont progressé de vingt-sept pour cent sur la période analysée.

Le rapport 2026 d’ACAPS confirme cette dégradation : en 2025, les violences dirigées contre les populations civiles ont atteint un niveau sans précédent, avec plus de sept cents victimes recensées, soit plus du double du bilan enregistré en 2023. Cette évolution témoigne de la gravité de la situation sécuritaire, qui ne cesse de se dégrader malgré les promesses officielles.

Des régions sous haute tension

Les zones les plus touchées restent celles de Tillabéri, de Tahoua ainsi que les frontières partagées avec le Mali et le Burkina Faso. Ces territoires, où s’activent des groupes affiliés à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), constituent les principaux foyers de l’insurrection armée.

Plusieurs attaques d’envergure ont marqué ces derniers mois : plus de soixante soldats ont été tués à Tabatol en octobre 2023, tandis que vingt-trois militaires ont péri dans une embuscade à Tillabéri en mars 2024. Ces événements s’ajoutent à une succession d’assauts ciblant convois, villages et positions militaires, illustrant l’ampleur de la menace persistante.

Un bilan contrasté pour le partenariat sécuritaire

Trois ans après le tournant diplomatique et militaire opéré par Niamey, la question de l’efficacité réelle de ce nouveau partenariat se pose avec acuité. Malgré les annonces répétées visant à « reprendre le contrôle du territoire », la menace jihadiste demeure intacte et met à l’épreuve les capacités opérationnelles des forces nigériennes. Les récentes attaques démontrent que l’insécurité, loin de reculer, continue de progresser, interrogeant ainsi la pertinence des choix stratégiques effectués en 2023.