4 juin 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Oligui nguema place la fiscalité au cœur d’une refonte économique du Gabon

Alors que les projecteurs se braquent sur le palais présidentiel de Libreville, une nouvelle page s’ouvre pour l’administration fiscale gabonaise. Lors d’une audience solennelle, Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement installé Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI), scellant ainsi une transition stratégique pour l’économie nationale.

Le chef de l’État a rappelé avec force que la fiscalité constitue désormais le socle sur lequel repose l’ambition du Gabon : financer durablement ses politiques publiques sans dépendre exclusivement des revenus pétroliers. Mobiliser davantage de recettes internes, moderniser les procédures et renforcer la transparence sont devenus des impératifs catégorique pour l’exécutif.

La DGI, un levier de croissance et de souveraineté

Dans son discours, Oligui Nguema a souligné le rôle pivot de la DGI dans la réalisation des grands projets nationaux. Sans une fiscalité performante, impossible de concrétiser les infrastructures indispensables, d’investir massivement dans l’éducation ou la santé, ou encore de réduire la dette publique. Pour Libreville, l’enjeu est double : élargir l’assiette fiscale tout en améliorant le recouvrement des impôts pour garantir une stabilité macroéconomique.

Le président a aussi insisté sur la nécessité de transformer une administration parfois perçue comme rigide en un acteur agile, capable de faciliter le climat des affaires. La lutte contre la fraude, la digitalisation des télédéclarations et l’harmonisation avec les normes de la CEMAC figurent parmi les priorités immédiates. L’objectif ? Faire de la DGI un exemple de modernité et d’efficacité.

Edith Laure Mbiguidi Oyaya, une mission sous haute tension

Nommer Edith Laure Mbiguidi Oyaya à ce poste stratégique n’est pas anodin. Dans un contexte où le Gabon cherche à stabiliser ses finances après des tensions de trésorerie et des négociations avec ses partenaires multilatéraux, la nouvelle directrice générale hérite d’un héritage lourd. Sa réussite dépendra de sa capacité à concilier performance immédiate et réformes structurelles, dans un environnement marqué par une économie encore largement informelle.

Parmi les défis qui l’attendent : accélérer la digitalisation des procédures, renforcer la traçabilité des paiements et adapter la fiscalité des grands groupes extractifs. Ces chantiers, bien que connus, doivent être menés à un rythme soutenu pour répondre aux attentes du président en matière de crédibilité économique. La DGI est également engagée dans des programmes de coopération technique, notamment avec le Fonds monétaire international, pour moderniser ses outils.

Une vision économique centrée sur la justice fiscale

Depuis son accession au pouvoir, Oligui Nguema a fait de la souveraineté budgétaire un pilier de sa politique. L’ambition est claire : réduire la dépendance aux hydrocarbures en faisant contribuer davantage les secteurs à haute valeur ajoutée, tout en protégeant les ménages les plus modestes. Une équation complexe, où chaque décision fiscale doit être soigneusement pesée pour éviter les effets contre-productifs.

La directrice générale devra naviguer entre l’urgence de générer des recettes supplémentaires et la nécessité de bâtir un système fiscal équitable et durable. Les partenaires financiers du Gabon suivront de près cette transition, car la performance des recettes non pétrolières sera un indicateur clé de la solidité du programme économique du pays. En soutenant personnellement la nouvelle équipe, le président envoie un message fort : la fiscalité gabonaise entre dans une ère de refondation.