23 juillet 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Paul biya s’absente plus de 40 jours : le Cameroun face au mystère de l’absence prolongée

Portrait officiel du président Paul Biya en costume sombre

paul biya s’absente plus de 40 jours : le Cameroun face au mystère de l’absence prolongée


Ce qui devait initialement passer pour une escapade privée en Europe s’éternise. Depuis son départ du Cameroun le 7 juin 2026, accompagné de son épouse, le président Paul Biya n’a toujours pas fait son retour. Une absence qui dépasse désormais les 40 jours et alimente les spéculations dans un pays privé de communication officielle. Les Camerounais, privés de nouvelles de leur chef de l’État réélu en novembre 2025 pour un nouveau mandat, s’interrogent sur les raisons de cette longue éclipse. Pourtant, cette situation n’a rien d’inattendu : Paul Biya a toujours entretenu une relation particulière avec les voyages en Europe, notamment en Suisse.

 

L’absence répétée du président agace une partie de la population camerounaise

 

Avec un mandat de plus de 40 ans à la tête du Cameroun, Paul Biya est coutumier des séjours prolongés à l’étranger, souvent dans des établissements luxueux. Ces absences s’expliquent probablement par son âge avancé et une santé de plus en plus fragile, même si l’état du président reste un secret d’État. Une habitude qui n’est pas sans rappeler celle de nombreux dirigeants africains, préférant se soigner hors du continent. À Yaoundé, où le chef de l’État n’a plus mis les pieds depuis des semaines, l’incertitude persiste. Sans aucune déclaration officielle pour éclaircir la situation, les rumeurs se multiplient, tandis que les autorités semblent déterminées à étouffer toute velléité de contestation.

 

Une question revient sans cesse parmi les citoyens : « qui gouverne réellement le Cameroun ? » Certains n’hésitent pas à évoquer un pilotage automatique du pays. À 93 ans, avec une santé déclinante, la capacité de Paul Biya à assumer pleinement ses fonctions est plus que jamais remise en cause. Son nouveau septennat, obtenu après une élection controversée, pourrait bien s’avérer être le dernier d’une longue série. Pourtant, le président camerounais semble déterminé à rester en poste jusqu’à la fin, comme en témoigne son refus de nommer un vice-président malgré la révision constitutionnelle d’avril 2026.

Les Camerounais, eux, expriment de plus en plus leur mécontentement. Jean Michel Nintcheu, député d’opposition, a même demandé au Conseil constitutionnel de constater une vacance du pouvoir. Une prise de position qui a immédiatement suscité une réponse cinglante de la part des partisans du régime : « Le Lion n’est pas parti », a-t-on pu entendre. Le message est clair : toute contestation est vaine, car l’ordre établi reste immuable.

Une gouvernance inchangée depuis des années au Cameroun

 

Le Cameroun de Paul Biya est un pays à part en Afrique. Avec le président le plus âgé en exercice sur le continent et un ministre de l’Intérieur ayant fêté ses 90 ans le 1er juillet, le pays semble figé dans le temps. Depuis sa réélection en novembre 2025, aucune nouvelle équipe gouvernementale n’a été formée. Joseph Dion Ngute, Premier ministre depuis janvier 2019, dirige toujours le gouvernement, soit l’équivalent d’un mandat présidentiel complet. Une stabilité administrative qui contraste avec les attentes d’une population en quête de renouveau. Et comment oublier que le poste de vice-président, réactivé en avril 2026, reste toujours vacant malgré les engagements pris ?

Un système politique à bout de souffle ?