14 juillet 2026

Le Reveil Noir

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RDC est: l’impératif militaire face à la diplomatie, l’analyse de Christian Moleka

Lors d’un échange en direct, l’analyste politique Christian Moleka a offert une perspective nuancée sur les stratégies militaires et diplomatiques déployées par Kinshasa pour faire face au conflit persistant dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Malgré un budget conséquent de 4,5 milliards de dollars alloué entre 2022 et 2025 via la loi de programmation militaire, Moleka estime que les résultats sur le terrain ne sont « pas à la hauteur des attentes ». Les Forces Armées de la RDC (FARDC) n’ont, en effet, pas réussi à reprendre l’ascendant sur l’Alliance du Congo/M23 (AFC/M23) depuis la chute de Bunagana en 2022.

Sur le front diplomatique, l’analyste a reconnu plusieurs avancées significatives. Parmi celles-ci, on note l’adoption de sanctions européennes ciblées contre le Rwanda, une évolution notable dans la perception du conflit à Washington, ainsi que le vote unanime d’une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Toutefois, il a souligné un décalage criant entre ces succès diplomatiques et la dure réalité du terrain. Il a rappelé le rapport du Groupe d’experts de l’ONU, indiquant que le M23 a étendu son emprise territoriale de 35% depuis les accords de Doha. Pour Christian Moleka, ces instruments diplomatiques n’ont produit que des « résultats à durée partielle ».

Questionné sur la cause principale de ce bilan mitigé, Christian Moleka a affirmé sans équivoque que la « responsabilité est davantage militaire ». Il a illustré la relation intrinsèque entre la diplomatie et l’effort de guerre par une métaphore de danse à deux, insistant sur le fait qu’« on ne peut pas tenir une position diplomatique sans avoir, d’un côté, un volet militaire qui vous tienne ». Selon l’analyste, les acquis obtenus sur la scène internationale risquent, à terme, de se retourner contre Kinshasa si un rapport de force militaire plus favorable ne vient pas les étayer, menaçant ainsi la quête d’une actualité africaine souveraine pour la RDC.

En guise de conclusion, Christian Moleka a inscrit ce conflit dans une temporalité longue, le décrivant comme une « guerre d’usure » vieille de trois décennies. Dans ce contexte, ce n’est pas l’intensité des opérations qui prime, mais « la capacité à tenir longtemps ». Un défi majeur, selon lui, qui interpelle autant la diplomatie congolaise que son armée dans leur engagement pour la stabilité de la région Est.