15 juillet 2026

Le Reveil Noir

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RDC: la France dénonce le financement illégal du M23 par le coltan de Rubaya, un enjeu mondial

Mines de Rubaya

La France a récemment affirmé son soutien à l’initiative de la République démocratique du Congo (RDC) visant à placer la gestion des ressources naturelles au cœur des discussions du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette démarche vise également à examiner les lacunes du cadre juridique international face aux économies de guerre. L’objectif est de promouvoir une gouvernance plus cohérente des ressources, les transformant en leviers de paix, d’accélérer la transition énergétique, de stimuler la transformation numérique et de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Lors d’une réunion au format Arria, organisée le 13 juillet 2026 à New York par Kinshasa, le représentant permanent de la France auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a souligné que les ressources naturelles représentent désormais un défi majeur pour la paix et la sécurité internationales. Il a mis en évidence que la compétition pour le contrôle de ces ressources est un facteur clé des conflits actuels, générant instabilité et finançant des groupes armés ainsi que des réseaux d’exploitation illégale.

Le diplomate français a insisté sur la situation du continent africain, où les richesses sont continuellement pillées par des acteurs qui les exploitent pour financer leurs opérations ou les détournent au profit de puissances étrangères. Cette mainmise illégale sur les ressources exacerbe les conflits, alimente la violence et prolonge les souffrances des populations civiles. À titre d’exemple, il a cité le Soudan, où le conflit est nourri par le pillage de l’or et de la gomme arabique, comme l’attestent les rapports d’experts.

Concernant la situation dans l’est de la RDC, la France a directement pointé le M23, l’accusant d’exploiter les ressources minières. Le représentant a rappelé que les populations congolaises subissent depuis de nombreuses années les conséquences de cette exploitation illicite. Il a précisé que le M23 contrôle entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan via le site de Rubaya, finançant ainsi son administration illégale et violant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.

La France a réitéré son appel au respect de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Jérôme Bonnafont a insisté sur l’impératif de cesser immédiatement les hostilités, d’obtenir le retrait effectif des Forces de défense rwandaises du territoire congolais, de mettre fin au soutien rwandais au M23 et de neutraliser les FDLR. Cette résolution, a-t-il rappelé, enjoint également à intensifier les efforts contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, notamment en mobilisant les mécanismes internationaux de transparence et de traçabilité des minerais.

Le Conseil de sécurité doit pleinement utiliser les instruments à sa disposition pour les situations de conflit aggravées par les trafics illicites de ressources. Des groupes d’experts jouent un rôle essentiel dans la documentation de ces dynamiques et de leur contribution au financement d’activités déstabilisatrices, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo et en République centrafricaine. Les régimes de sanctions doivent être activés chaque fois que nécessaire pour briser le lien entre le pillage des ressources naturelles et le financement des acteurs des conflits.

La République démocratique du Congo poursuit activement les initiatives de sa présidence du Conseil de sécurité. Cette réunion sur les ressources naturelles fait suite à un briefing du Conseil sur les violences sexuelles liées aux conflits, tenu le 8 juillet sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Ces actions diplomatiques s’inscrivent dans les priorités définies par la présidence congolaise, qui a notamment mis en lumière le coût humain des économies de guerre et la nécessité de renforcer la prévention, la protection des victimes, la lutte contre l’impunité et les mécanismes de réparation.

Ces efforts interviennent dans un contexte marqué par un partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis sur les minerais critiques, ainsi que par l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali. Cet accord prévoit des mesures de désescalade, le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés opérant dans l’est de la RDC, dont les FDLR, considérés par Kigali comme une menace. Malgré ce cadre diplomatique, salué lors de sa signature, la sécurité régionale reste extrêmement précaire. Sur le terrain, le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar pour faciliter le dialogue entre Kinshasa et la rébellion AFC/M23, demeure dans l’impasse.

Les rebelles de l’AFC/M23, accusés par Kinshasa, les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux d’être soutenus par le Rwanda, maintiennent leur contrôle sur Goma et Bukavu, ainsi que sur diverses localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements persistent dans plusieurs zones, tandis que les initiatives diplomatiques peinent à produire des résultats durables. Cette situation met en évidence le fossé persistant entre les avancées diplomatiques annoncées et la réalité sur le terrain.