En marge du Forum politique de haut niveau (HLPF) qui se tenait à New York, la mission permanente de l’Union Africaine a accueilli un événement crucial : le lancement du rapport conjoint OCDE-OIF/IFDD, axé sur l’accès aux financements écologiques. Devant une audience internationale attentive, Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective du Gabon, a pris la parole avec conviction. Elle a fermement plaidé pour son pays, appelant à une révision en profondeur des circuits de l’aide internationale, jugés obsolètes et inadaptés.
Avec un territoire où les forêts couvrent 88 % de sa superficie et un rôle historique de puits de carbone net, le Gabon se positionne comme un contributeur essentiel à la régulation climatique planétaire. Pourtant, ce statut de champion de la conservation se heurte à des obstacles procéduraux et linguistiques complexes, entravant l’accès aux fonds indispensables à ses initiatives écologiques.
Saluant la rigueur scientifique du rapport présenté, Louise Pierrette Mvono a mis en lumière ce paradoxe frappant : les efforts colossaux de préservation entrepris par le Gabon nécessitent en retour une solidarité financière internationale qui soit non seulement prévisible et équitable, mais aussi proportionnée à l’ampleur de son engagement, loin des lenteurs bureaucratiques actuelles.
Une dynamique nationale proactive
Loin d’une attente passive d’un changement de paradigme, Libreville a déjà engagé une série d’actions concrètes. À la veille de la présentation du deuxième Examen National Volontaire du pays aux Nations Unies, la ministre a souligné la structuration rigoureuse de la transition gabonaise.
Le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 intègre déjà des instruments financiers novateurs, tels que les obligations vertes et les crédits carbone. L’accréditation de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Gabon par le Fonds Vert pour le Climat témoigne de cette volonté d’autonomie financière. Par ailleurs, sur le plan de l’innovation, le partenariat de 60 millions de dollars, formalisé lors de la COP16 de Cali (le « Country Package »), illustre une approche intégrée qui lie étroitement le climat, la biodiversité et le développement local.
Trois piliers pour un avenir durable
Afin de transformer les promesses mondiales en impacts tangibles sur le terrain, la ministre a soumis trois orientations stratégiques clés aux bailleurs de fonds. Il s’agit de soutenir les ancrages locaux en valorisant les accréditations directes des institutions nationales, réduisant ainsi la dépendance aux intermédiaires internationaux. Ensuite, elle a insisté sur la nécessité de pérenniser les compétences en finançant des programmes de formation continue, permettant de concevoir localement des projets écologiques « bancables ». Enfin, le Gabon propose de monétiser le capital naturel en établissant des mécanismes rigoureux de paiement pour services écosystémiques et des marchés carbone intègres, essentiels pour reconnaître la valeur systémique des forêts tropicales.
À travers ce plaidoyer pragmatique, le Gabon rappelle avec force que la préservation de notre planète dépendra intrinsèquement de la capacité des nations les plus riches à simplifier et accélérer le financement des pays qui, comme lui, sont en première ligne de la conservation.
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