La France pourrait bientôt être le théâtre d’une mobilisation sans précédent pour la reconnaissance du GENOCOST, un génocide longtemps passé sous silence. Le Collectif des élus français originaires du Congo-Kinshasa (CEFOCK) a officialisé, lors d’un entretien avec le Président Félix Tshisekedi à Kinshasa, le lancement d’une offensive diplomatique dès la rentrée parlementaire française.
L’ambition est claire : transformer le GENOCOST en sujet central des débats publics, en s’appuyant sur des actions de mémoire, des conférences et un plaidoyer ciblé auprès des institutions françaises et de la diaspora congolaise.
Un partenariat clé pour ancrer la mémoire dans l’action politique
Pour mener à bien cette mission, le CEFOCK s’allie à la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), une structure publique congolaise dédiée à la documentation des crimes et à la réparation des victimes. Ensemble, ils veulent briser l’indifférence en faisant du GENOCOST une priorité de politique publique, et non plus un dossier réservé aux organisations non gouvernementales.
Deux axes guident cette collaboration : d’une part, préserver la mémoire des victimes pour qu’elle ne soit jamais oubliée ; d’autre part, œuvrer pour une reconnaissance officielle des crimes, ouvrant ainsi la voie à des mécanismes de justice et de réparation.
Le Président Tshisekedi a salué cette démarche, la qualifiant de contribution majeure à la « diplomatie mémorielle » portée par la RDC sur la scène internationale.
La diaspora congolaise, acteur incontournable du changement
Installée en France, la diaspora congolaise occupe désormais une place stratégique grâce à ses représentants élus dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux. Avec le CEFOCK, elle passe de la parole à l’action, en ciblant les décideurs politiques pour obtenir une reconnaissance parlementaire du GENOCOST, à l’image de ce qui a été accompli pour d’autres génocides.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large engagé par la RDC. Le 2 août, lors de la Journée nationale du GENOCOST, le Chef de l’État a présidé une cérémonie en hommage aux victimes et annoncé le lancement des travaux pour un Musée national et un mémorial dédiés. Une initiative symbolique pour ancrer le devoir de mémoire dans les institutions du pays.
Entre les efforts diplomatiques en France et les actions locales en RDC, Kinshasa multiplie les leviers pour obtenir la reconnaissance internationale d’un génocide lié à l’exploitation des ressources naturelles du pays. Une bataille mémorielle et politique qui pourrait redéfinir l’histoire de la République démocratique du Congo.
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