République démocratique du Congo : violences croissantes, détentions arbitraires et impunité persistante dans un contexte de guerre prolongée
L’intensification des combats dans l’est de la République démocratique du Congo a aggravé une crise humanitaire déjà critique. Depuis mai 2021, les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont placées sous état d’urgence, une mesure qui n’a pas suffi à rétablir la paix malgré les multiples accords signés. Le 27 juin 2025, un accord historique a été conclu à Washington entre la RDC et le Rwanda, puis validé le 4 novembre 2025 par les chefs d’État des deux pays. Un autre pacte, signé à Doha le 15 novembre 2025 entre Kinshasa et l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFC/M23), visait à mettre fin aux exactions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Pourtant, ces engagements n’ont pas empêché l’extension des violences vers la région d’Uvira, révélant la fragilité des cessez-le-feu.
D’après les données collectées par des organisations partenaires, le conflit a causé plus de 10 000 décès en moins d’un an et provoqué le déplacement de millions de personnes, plongeant la région dans une urgence humanitaire sans précédent. Les forces de sécurité congolaises, ainsi que divers groupes armés – dont le M23/AFC soutenu par des acteurs régionaux – sont régulièrement mis en cause pour des violations graves des droits humains. Ces actes incluent des pratiques assimilables à de la torture ou des traitements inhumains, conformément à l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
La dégradation de la sécurité a également restreint drastiquement l’espace civique. Les manifestations publiques sont interdites, la liberté de la presse est menacée, et les organisations de la société civile subissent une répression accrue. Défenseurs des droits humains, journalistes et militants politiques sont contraints à l’exil face aux arrestations arbitraires, aux actes de torture et aux intimidations. Cette situation asphyxie la capacité du pays à documenter les violations et à offrir des recours aux victimes.
Cette analyse conjointe est présentée par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) en collaboration avec le réseau SOS-Torture en RDC, regroupant plusieurs associations locales : l’Alliance pour l’universalité des droits fondamentaux (AUDF), Afia Mama, SOS Informations juridiques multidimensionnelles (SOS IJM) et Voix des sans voix pour les droits de l’homme (VSV). Elle intervient à l’approche de l’examen du prochain rapport périodique de la RDC devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, dans le cadre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
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