31 mai 2026

Le Reveil Noir

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Scandale de la can 2025 : le Sénégal déchu de son titre, le Maroc sacré sur tapis vert

Une décision fracassante secoue le football continental

Le monde du football africain est en émoi suite à une annonce spectaculaire. Deux mois exactement après avoir soulevé son deuxième trophée de la Coupe d’Afrique des Nations en terre marocaine, l’équipe du Sénégal se voit retirer sa victoire par la Confédération Africaine de Football (CAF). Dans une volte-face inédite, le titre continental, remporté 1-0 face au Maroc, est désormais attribué à ce dernier.

La décision, émanant du Jury d’Appel de l’instance, a eu l’effet d’une bombe, déclarant le Sénégal forfait pour la finale et couronnant par conséquent le Maroc comme champion de la CAN 2025.

Le fronton du Tribunal arbitral du sport

Une onde de choc médiatique et populaire

Cette affaire s’est immédiatement imposée au cœur de l’actualité africaine souveraine. Au Sénégal, la nouvelle a fait la une de toute la presse et a monopolisé les débats sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux, où les supporters expriment leur profonde déception.

 La une du journal « L'Observateur », sur laquelle on peut lire « Dans les coulisses d'un scandale sans précédent », en référence à la décision de la CAF de retirer sa victoire à l'équipe sénégalaise pour finalement l'attribuer au Maroc, deux mois après la finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025

À l’échelle internationale, les médias sportifs ont abondamment relayé et analysé ce retournement de situation. Le timing de la décision, survenant deux mois après la finale, les célébrations et la remise du trophée, suscite une incompréhension généralisée. Le consultant Samir Nasri a d’ailleurs ironisé sur Canal + :  »Pourquoi maintenant deux mois ? Il fallait attendre 2035 alors ».

Les fondements réglementaires de la décision de la CAF

Le milieu de terrain sénégalais Pape Gueye qui a inscrit l'unique but de la finale de la CAN 2025 au Maroc.

Le communiqué officiel du Jury d’Appel précise que la sanction est prise en vertu de l’article 84 du Règlement de la CAN. Il y est stipulé que l’équipe du Sénégal est déclarée forfait, et le résultat du match est fixé à 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF).

L’instance dirigeante du football africain considère que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a violé l’article 82 du même règlement. Cet article prévoit qu’une équipe qui se retire, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire est considérée comme perdante et éliminée.

L’article 84, quant à lui, impose un score de 3-0 par forfait à l’équipe fautive, sauf si le score au moment de l’interruption était plus favorable à l’équipe adverse. L’article 83, également pertinent, sanctionne une équipe qui ne se présente pas sur le terrain à l’heure prévue.

Le système juridique de la CAF décrypté

Sadio Mané (Sénégal) et Patrice Motsepe font des gestes lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations opposant le Maroc au Sénégal au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah, à Rabat, au Maroc, le 19 janvier 2026.

La CAF possède un système juridictionnel à deux niveaux. En première instance, la Commission de discipline examine les faits (rapports d’arbitres, vidéos, plaintes) et prononce des sanctions. Ses décisions peuvent être contestées devant le Jury d’Appel (ou Commission d’appel), qui agit comme une juridiction de second degré.

Ces organes se réunissent pour statuer sur les incidents et les recours. La Commission de discipline agit rapidement après les faits, tandis que le Jury d’Appel est convoqué suite à un recours formel d’une des parties. Ce dernier est présidé par la Nigériane Roli Daibo Harriman, avec des membres issus de pays comme le Cap-Vert, la Tunisie, le Togo, le Malawi, la Namibie, la Mauritanie, Djibouti et la République Démocratique du Congo.

L’origine du litige : le recours marocain

 L'équipe du Sénégal en colère contre l'arbitre Jean-Jacques Ndala pour avoir accordé un penalty en fin de match après consultation du VAR lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations opposant le Sénégal au Maroc au stade Prince Moulay Abdellah, le 18 janvier 2026 à Rabat, au Maroc.

La Fédération Royale Marocaine de Football avait déposé un recours le 3 février, contestant les sanctions initiales de la Commission de discipline. La FRMF jugeait ces sanctions insuffisantes face à la gravité des faits, citant  »le retrait des joueurs et des membres du staff de la sélection sénégalaise, l’envahissement de la pelouse par leurs supporters, ainsi que les scènes de chaos et de violences qui ont suivi ».

Le dernier recours : le Tribunal Arbitral du Sport (TAS)

La FSF a décidé de saisir le Tribunal Arbitral du Sport

Face à cette décision, la Fédération Sénégalaise de Football a annoncé son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Basée à Lausanne, en Suisse, cette institution est l’instance suprême et indépendante pour le règlement des litiges sportifs à l’échelle mondiale. La FSF dispose d’un délai de dix jours pour formaliser son appel.

Le TAS, composé d’environ 340 arbitres de 84 pays reconnus pour leur expertise en droit du sport, garantit des décisions impartiales. Il est compétent pour juger en appel les décisions des confédérations comme la CAF. Les délais de jugement varient de 24 heures pour les procédures urgentes à plusieurs mois pour les cas complexes.

Quelle est la portée d’un verdict du TAS ?

Les décisions rendues par le TAS sont finales et exécutoires. Elles mettent un terme définitif à la procédure judiciaire sportive. Sauf circonstances exceptionnelles, la sentence du TAS n’est susceptible d’aucun autre recours, et les parties impliquées sont tenues de l’appliquer. Le sort du titre de la CAN 2025 est donc désormais entre les mains des juges de Lausanne.