13 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Sénégal : Crise politique entre deux figures majeures du pays

L’essentiel

  • Reportage : Al Jazeera publie une vidéo sur les tensions politiques sénégalaises
  • Réforme : l'Assemblée a adopté un texte renforçant les pouvoirs du Parlement, invalidé par le Conseil Constitutionnel
  • Opposition : Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’affrontent après leur victoire commune en 2024
  • Majorité : le PASTEF détient 130 des 165 sièges à l'Assemblée Nationale

Le Sénégal fait l'objet d'un reportage d'Al Jazeera qui documente la fracture politique entre deux figures majeures du pays. Intitulée Friends turned foes: The split reshaping Senegal, la vidéo analyse la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et le premier ministre Ousmane Sonko, autrefois alliés au sein du parti PASTEF.

Cette couverture internationale intervient deux jours après l’invalidation par le Conseil Constitutionnel d’une réforme constitutionnelle adoptée fin juin par l’Assemblée Nationale. Un épisode qui cristallise les tensions entre les deux hommes et reconfigure la scène politique sénégalaise à moins de trois ans de la présidentielle de 2029.

Une alliance victorieuse devenue conflictuelle

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont remporté ensemble l’élection présidentielle de 2024 sous la bannière du PASTEF. Ce parti contrôle aujourd’hui 130 des 165 sièges de l’Assemblée Nationale, une majorité confortable qui aurait dû faciliter la gouvernance.

Pourtant, selon Al Jazeera, des désaccords idéologiques sont apparus rapidement, notamment sur la politique économique et les relations avec les institutions internationales comme le FMI. Des analystes cités par le média international décrivent la situation comme un « combat fratricide » entre deux visions du pouvoir.

La réforme constitutionnelle au cœur de la crise

Le 29 juin 2026, l’Assemblée Nationale a adopté une réforme constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs du Parlement et du premier ministre. Selon les informations disponibles, le texte interdisait au président de la République de diriger un parti politique et prévoyait le remplacement du Conseil Constitutionnel par une Cour Constitutionnelle de neuf membres.

Bassirou Diomaye Faye a contesté la procédure d’adoption en saisissant le Conseil Constitutionnel le 7 juillet, selon les sources. L’institution a tranché le 10 juillet en invalidant la réforme, invoquant le non-respect de la procédure et l’absence de financement prévu pour la future Cour constitutionnelle, comme l’a rapporté le quotidien algérien L’Expression.

Un « duel au sommet » observé depuis l’étranger

La publication du reportage d’Al Jazeera témoigne de l’attention internationale portée à cette crise. Le média qatari, qui dispose d’une large audience en Afrique francophone, offre une grille de lecture détaillée de ce qu’il présente comme une recomposition politique majeure.

Contexte au Sénégal

Le Sénégal est une république présidentielle où le chef de l’État dispose traditionnellement de pouvoirs étendus. L’élection de Bassirou Diomaye Faye en 2024 avait marqué une alternance politique significative, portée par la dynamique du PASTEF et la popularité d’Ousmane Sonko.

Enjeux électoraux et perspectives

Les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029 constituent l’horizon politique immédiat. Les analystes anticipent que la rupture entre Faye et Sonko structurera les prochaines échéances électorales, avec le risque d’une division du PASTEF ou d’une recomposition des alliances.

La majorité parlementaire écrasante du parti complique la situation : ni le président ni le premier ministre ne peuvent gouverner l’un sans l’autre sans provoquer une paralysie institutionnelle. La question de savoir qui contrôlera effectivement l’appareil du PASTEF devient centrale.