8 juin 2026

Le Reveil Noir

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Sénégal : Ousmane Sonko calme le jeu face aux tensions politiques avec Bassirou Diomaye Faye

Face aux interrogations concernant une potentielle motion de censure à l’encontre du nouveau gouvernement, et en l’absence de déclaration de politique générale — une pratique coutumière mais non obligatoire qui permet au Premier ministre de solliciter la confiance des députés —, Ousmane Sonko a tenu à apaiser les esprits ce dimanche. Les parlementaires conservent la possibilité d’initier une motion de censure, requérant le soutien d’un dixième de leurs membres. Cependant, le Premier ministre a préféré minimiser la gravité de la conjoncture.

« Il n’existe pas de crise institutionnelle au Sénégal. Cette configuration inédite que nous observons au Sénégal a déjà été rencontrée ailleurs, sans provoquer de perturbations majeures. Le peuple sénégalais a choisi de confier l’exécutif à une personnalité, bien que les raisons de cette désignation soient connues de tous, et le pouvoir législatif à un autre groupe. Certes, il y a des divergences entre des individus ou des courants politiques. Néanmoins, l’intégrité de l’État du Sénégal, de ses institutions, ainsi que sa sécurité et sa stabilité, ne sont nullement menacées aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Malgré ce discours apaisant, la réalité d’une séparation politique est manifeste. L’analyste Moussa Diaw estime qu’un affrontement direct est peu probable. « Sur le plan politique, une telle confrontation serait préjudiciable pour eux. Particulièrement pour Sonko, qui risquerait d’être perçu comme un obstacle. Je crois qu’ils éviteront cette épreuve de force et privilégieront une collaboration, en respectant les prérogatives de chacun. »

Diaw identifie néanmoins des sujets de discorde potentiels, tels que les négociations avec le FMI concernant la dette nationale, ou les avancées des enquêtes judiciaires relatives aux décès survenus lors des manifestations politiques. En interne, le parti devra statuer sur le sort des ministres ayant affiché des désaccords, ainsi que sur le rôle de Bassirou Diomaye Faye, qui conserve son titre de président d’honneur du parti. Ousmane Sonko a également été catégorique : il n’y aura pas de report des élections locales de janvier 2027, un scrutin crucial pour le Pastef, dont le décret fixant la date n’a pas encore été publié.