10 août 2026

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Sonko lance une enquête sur le détournement présumé de 2 milliards de FCFA dans le programme étudiant

Sonko lance une enquête sur le détournement présumé de 2 milliards de FCFA dans le programme étudiant

Portrait de Ousmane Sonko devant le Parlement sénégalais

Une enquête parlementaire est lancée pour éclaircir les irrégularités financières du programme « Un étudiant, un ordinateur », estimé à 48 milliards de FCFA depuis 2017.

Le Groupe Pastef, mené par Ousmane Sonko, a officiellement lancé une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner les anomalies dans la gestion du programme « Un Étudiant, Un Ordinateur ». Ce dispositif, lancé en 2017 par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), aurait accumulé des irrégularités majeures, mettant en péril les finances publiques du Sénégal.

Selon les premières investigations menées par les parlementaires, les manquements incluent des contrats signés en dehors du cadre légal, des détournements présumés et des paiements répétés sans justification claire. Ces anomalies auraient déjà coûté près d’1,25 milliard de FCFA à l’État, avec des allégations de détournements dépassant le milliard de FCFA.

Des manquements graves depuis 2017

Les investigations révèlent que plusieurs marchés ont été attribués sans respecter les procédures légales. Parmi les irrégularités identifiées :

  • Absence d’appel d’offres pour des montants dépassant 50 millions de FCFA, en violation de l’article 53 du Code des marchés publics ;
  • Non-saisine de la Direction centrale des marchés publics (DCMP) avant signature des contrats, contrairement à l’article 142 ;
  • Absence d’inscription du programme au plan de passation des marchés du MESRI, en infraction avec l’article 6 ;
  • Non-approbation des contrats par le ministre des Finances pour des montants supérieurs à 300 millions de FCFA, en contravention avec l’article 29.

Ces manquements, répétés depuis 2017, soulèvent des questions sur la gestion des fonds publics et la responsabilité des différents ministres et hauts fonctionnaires ayant œuvré au sein du MESRI et du ministère des Finances.

Un fonds de garantie de 2 milliards de FCFA sans traçabilité

Les parlementaires mettent en lumière l’existence d’un fonds de garantie versé auprès d’Ecobank, d’un montant de 2 milliards de FCFA, sans aucune transparence sur son origine, sa gestion ou son utilisation. Cette opacité s’ajoute à une série d’anomalies, dont :

  • La gestion de treize comptes bancaires liés au programme, alors que seulement trois étaient officiellement déclarés ;
  • Un solde non documenté de 864 millions de FCFA dispersé entre ces comptes ;
  • Un stock de 800 ordinateurs non distribués aux étudiants, présentant des dysfonctionnements.

En 2023, un virement d’1,446 milliard de FCFA a été effectué pour le paiement de 7 055 ordinateurs à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, sans contrat valide ni convention officielle. Cette opération aurait entraîné une double facturation par l’État, aggravant le préjudice financier.

Qui est visé par l’enquête ?

Le Groupe Pastef a identifié plusieurs responsables potentiels, parmi lesquels :

  • Les ministres des Finances et de l’Enseignement supérieur ayant servi depuis 2017 ;
  • Les directeurs et chefs de service du MESRI, de la DCMP et de l’Autorité de régulation de la commande publique ;
  • Les gestionnaires des fonds et les responsables des universités concernées.

Face à l’ampleur des irrégularités et leurs conséquences économiques et sociales, le groupe parlementaire estime indispensable de mener cette enquête pour rétablir la vérité et sanctionner les responsables.