17 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Un sommet crucial pour la Cédéao face aux défis sahéliens

La capitale sierra-léonaise, Freetown, est le théâtre d’un sommet décisif pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en ce week-end. L’organisation régionale se trouve à un carrefour, confrontée au retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce rassemblement est une opportunité pour la Cédéao de repenser son rôle et de restaurer sa légitimité face à une dynamique régionale en pleine mutation.

Nigeria Abuja 2014 | Bouton de porte de la Cédéao où le continent africain est représenté, avec le détail des pays de la sous-région (illustration)

Ce 69e sommet de la Cédéao, tenu en Sierra Leone, intervient à un moment charnière pour l’institution ouest-africaine. Alors que les chefs d’État se retrouvent ce dimanche, l’absence des nations de l’AES – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – marque profondément les discussions. Ces trois pays, ayant choisi de former leur propre alliance, interpellent la Cédéao sur son avenir et la nécessité de renforcer sa crédibilité. Les enjeux sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme, figurent également en bonne place à l’ordre du jour.

Bonn 2026 | Passeport AES (illustration)

Repenser la Cédéao face aux nouvelles dynamiques régionales

Au-delà de la portée symbolique, la question fondamentale qui se pose aux leaders ouest-africains est celle de l’orientation future de la Cédéao. Comment l’organisation peut-elle se projeter après le départ de trois de ses membres clés, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont consolidé leur Alliance des États du Sahel? Cette nouvelle réalité force à une introspection profonde sur l’identité et le rôle de la Communauté.

Malgré leur retrait formel, ces trois nations demeurent des partenaires géographiques et économiques essentiels. Les chefs d’État sont donc appelés à explorer les voies d’un dialogue constructif. L’objectif est clair : maintenir les flux commerciaux, garantir la libre circulation des personnes et, surtout, intensifier la coopération sécuritaire face à la menace terroriste transfrontalière, un défi majeur pour l’actualité africaine souveraine et la stabilité de l’ensemble de la région.

Pour Aliou Diakite, un éminent expert des questions relatives à la Cédéao, les enjeux sont considérables. Il souligne la nécessité impérieuse de débattre de l’avenir de l’organisation, en abordant les défis pressants de gouvernance et de sécurité qui affectent l’espace Cédéao. Parmi ceux-ci figurent la criminalité organisée étroitement liée au terrorisme, les évolutions politiques post-électorales, les impacts du changement climatique, ainsi que la gestion des épidémies et des pandémies. Autant de sujets cruciaux qui requièrent l’attention des chefs d’État et de gouvernement pour dessiner les perspectives de la Cédéao dans les années à venir.

Nigeria Abuja 2025 | Drapeaux de la Cédéao lors du 68è sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, en 2025 (illustration)

La Force en attente de la Cédéao : un impératif non concrétisé

Si de nombreux dossiers prioritaires pour les populations d’Afrique de l’Ouest sont à l’ordre du jour, certains persistent malheureusement de sommet en sommet sans résolution concrète.

C’est le cas emblématique de la Force en attente de la Cédéao. Bien que son existence soit proclamée depuis des années, elle n’a jamais atteint son plein potentiel opérationnel. Cette entité militaire régionale est pourtant pensée comme un pilier essentiel pour une riposte rapide face au terrorisme, aux turbulences politiques et à toute menace compromettant la stabilité régionale, un aspect fondamental pour une Afrique consciente de ses défis sécuritaires.

Les récentes concertations préparatoires, impliquant ministres et experts de la sécurité cette semaine à Freetown, soulignent une volonté politique accrue de plusieurs États membres d’accélérer enfin sa concrétisation.

Michel Ange Bangoura, un responsable guinéen en charge de la coopération avec la Cédéao, constate que « sur le plan des institutions de la Cédéao, tout est en ordre sur le papier. » Le défi majeur réside désormais dans la mobilisation des ressources financières et logistiques indispensables à son déploiement. Il s’agit notamment de déterminer le site de son état-major et d’assurer que chaque État membre apporte sa contribution, ne serait-ce que l’équivalent d’une compagnie militaire.

Interrogé sur l’horizon temporel de cette mise en œuvre, Michel Ange Bangoura exprime un optimisme prudent : « Je crois fermement que les délibérations actuelles de cette session aboutiront à une décision de déploiement à brève échéance de cette force. Cela pourrait commencer par le regroupement des contingents dans un pays désigné à cet effet. »

Par ailleurs, les dirigeants présents à Freetown devront impérativement se pencher sur les réformes institutionnelles de la Cédéao. Il est crucial de restaurer pleinement la crédibilité de l’organisation, mise à mal par une succession de crises politiques et de coups d’État qui ont secoué la région ces dernières années. Ce sommet représente une occasion vitale de tracer une nouvelle voie pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.